La Région bruxelloise a entamé lundi, la première d'une série de journées d'activités de commémoration des 20 années de son existence, mais ses pompiers ont fait savoir qu'ils ne seraient pas de la partie, par la faute d'une solution à l'absence de cadre linguistique qui empêche les nouveaux recrutements.
Le front commun syndical CSC-SLFP a appelé les hommes du feu à manifester leur mauvaise humeur le 28 janvier prochain, en marge d'un colloque organisé dans le cadre des 20 printemps de la Région-capitale. "Le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale n'a rien entrepris pour sauver le corps des pompiers bruxellois. Cela fait 20 ans que l'agglomération de Bruxelles dont nous dépendions auparavant est devenue la Région Bruxelloise.
Depuis, nous sommes devenus un Organisme d'Intérêt Public, avec des cadres linguistiques et ce sont ces derniers, qui pour la troisième fois, nous posent des problèmes", a déploré lundi le délégué du SLFP Eric Labourdette, s'exprimant au nom du front commun syndical. Le Conseil d'Etat a annulé le cadre linguistique établissant la proportion de pompiers francophones et néerlandophones à Bruxelles le 21 novembre dernier, ce qui a pour effet de bloquer les engagements, nominations et promotion au sein du corps bruxellois.
D'après Eric Labourdette, cette situation a également pour effet de mettre en danger la situation des membres du personnel dont la nomination intervenue entre octobre 2005 et le 21 novembre dernier fait l'objet d'un recours devant le Conseil d'Etat. Les promotions antérieures à cette périodes seraient aussi en danger, d'après le front commun syndical. Les pompiers se disent fatigués d'avoir à subir lourdement les conséquences des risques répétés d'absence de cadre. Ils demandent une solution structurée et définitive pour l'avenir.
Pour le reste, les organisations syndicales, demandent depuis des années une révision du cadre organique qui date de plus de trente ans et qui ne correspond plus, selon eux, au besoin actuel. Le dossier du cadre linguistique des pompiers a été émaillé de remises en cause à répétitions depuis la naissance de la Région bruxelloise. La plus retentissante d'entre elles est survenue en novembre 1997, lorsque le secrétaire d'Etat Vic Anciaux, père de l'actuel ministre flamand des Affaires bruxelloises, Bert Anciaux, remit sa démission pour ne pas avoir pu obtenir un seuil minimum de 30% de pompiers néerlandophones.
Pour atteindre ce chiffre symbolique, il manquait 1,1 pompiers sur un corps de plus de plusieurs centaines. Cette situation avait mis durant plusieurs mois le gouvernement bruxellois en grande difficulté, car celui-ci n'avait plus de majorité sur son aile flamande. (belga)


