Une procédure à l'encontre d'Anne-Marie Lizin envisagée

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Par: rédaction
13/01/09 - 22h03
MISE À JOUR

Le gouvernement wallon sollicitera en urgence une étude juridique indépendante sur la possibilité d'intenter une procédure disciplinaire à l'encontre de la bourgmestre de Huy, Anne-Marie Lizin, pour les dépenses qu'elle a faites sur le compte de l'hôpital de Huy, a fait savoir mardi le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard, en Commission du parlement wallon.

Faits interpellants
En début de séance, le ministre a fait part des conclusions de l'administration sur les dépenses au Centre Hospitalier Régional de Huy (CHRH), qu'a présidé Mme Lizin de 1998 à 2001. Les faits sont interpellants, estime le ministre Courard, qui s'était toutefois empressé d'ajouter qu'il ne pouvait pas agir: les dépenses relevées entre 1998 et 2002 ont été avalisées par le conseil d'administration et les autorités de tutelle. Selon lui, les autorités locales peuvent en revanche envisager des mesures, de même que le conseil d'administration de l'hôpital. Il a aussi précisé que les pièces avaient été transmises à la justice.

Enterrement de l'affaire
L'opposition MR et Ecolo n'a guère apprécié cette prise de position. "J'ai l'impression d'assister à l'enterrement de l'affaire Lizin. Si c'était pour nous dire ça, vous auriez pu le faire il y a trois mois", s'est énervé le député Hervé Jamar (MR), rejoint par Monika Dethier (Ecolo). Ils réclament une sanction disciplinaire -suspension ou révocation- pour inconduite notoire, conformément au Code de la démocratie locale.

Avis juridique extérieur
La majorité s'est également manifestée. Le cdH a enjoint au ministre d'agir. "Il faut une action positive de votre part", a demandé le chef de groupe Michel de Lamotte. Le PS, par la voix de Paul Furlan, s'est montré ouvert à la possibilité une sanction à l'égard des intéressés. "A un moment, on ne peut qu'inviter l'autorité disciplinaire à agir", a-t-il dit, invoquant néanmoins la nécessité d'un avis juridique extérieur pour éviter la mise à néant d'une éventuelle procédure disciplinaire par le Conseil d'Etat.

La séance de la Commission a été suspendue pour permettre à la majorité de se réunir et de s'accorder sur une proposition. Après plus d'une heure, les députés PS et cdH sont revenus et le ministre a proposé de demander l'avis d'un juriste extérieur.

L'argument n'a pourtant pas convaincu l'opposition. Ce n'est pas un avis juridique, fût-il indépendant, qui doit déterminer si oui ou non le gouvernement wallon doit agir, a déploré le député Marcel Cheron (Ecolo).

Frais de restaurant, déplacements et coiffeur
Le MR et Ecolo ont donné des détails sur les relevés des dépenses entre 1998 et 2002 que les administrateurs du CHRH ont pu consulter du 8 au 18 décembre après une longue polémique. Il est question de frais de restaurant de 2.244.932 francs, dont 781.134 francs pour Mme Lizin, de nombreux déplacements à l'étranger (Etats-Unis, France, Algérie, Macédoine, Equateur, Japon, Bénin, Suisse, etc) ayant donné lieu à des retraits d'argent, des frais de coiffeur également (2.675 francs chez Jacques Dessange en 1999), etc.

Ni justificatif ni approbation
Aucun justificatif ou presque n'a été fourni pour ces retraits, qui ont même continué quelques mois après que Mme Lizin a quitté la présidence de l'hôpital, et à peine trois voyages sur une cinquantaine ont fait l'objet d'une approbation a posteriori du conseil d'administration, a dénoncé M. Jamar.

Drame pour la démocratie
Dans les rangs du cdH, parti de l'opposition à Huy, le jugement était sévère. "On a clairement essayé de faire rentrer au chausse-pied des dépenses qui n'ont pas leur place dans l'objet social du CHRH", a souligné M. de Lamotte. "Ces éléments, s'ils sont avérés, sont scandaleux et dramatiques pour la démocratie. Il est temps de faire la clarté. Il faut agir maintenant, nous n'avons plus un an devant nous", a-t-il ajouté. (belga)

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