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L'expo "Détours au midi" exprime 20 ans de gâchis

(Photo: Jacques Robert)
(Photo: Manuel Abramowicz)
(Photo: Manuel Abramowicz)
Du 15 janvier au 15 mars 2009, le Pianofabriek (35 rue du Fort, 1060 Bxl) abrite l'exposition « Détours au midi ». Cette exposition retrace 20 ans de démantèlement social et urbanistique du quartier saint-gillois de la gare du midi. Les autorités communales et régionales désiraient faire de ce quartier une zone de bureaux censée être rentable pour la commune, ce qui n'est jamais arrivé, en dépit des innombrables vexations, expropriations, désagréments et autres pressions subies par les habitants de ce quartier.

Histoire d'un ratage urbanistique
L'exposition fait s'interroger sur l'entêtement des autorités dans ce dossier, autorités qui ne semblent pas tirer les leçons de ce ratage urbanistique, politique et social. Photos, textes et documents permettent de mettre en parallèle les décisions politiques, les plans urbanistiques, les acquisitions et expropriations qui ont dégradé l'aspect du quartier et le moral de ses habitants, dont certains ne sont toujours pas, après 20 ans de tango avec les autorités communales et régionales, fixées sur leur sort.

SA Bruxelles-Midi
Guidées par une foi aveugle en l'arrivée d'investisseurs internationaux, les autorités publiques ont fini par se transformer en développeurs immobiliers, en tentant de laisser pourrir le quartier pour faire baisser les prix dans le quartier, alors même que l'annonce, il y a 20 ans, de la création d'un terminal TGV à la Gare du Midi, faisait justement grimper les prix. Une société anonyme fut crée (la SA Bruxelles-Midi) qui jouissait du monopole du rachat des parcelles. Mais le sous-financement de cette SA et le manque d'intérêt des promoteurs privés pour ces terrains finirent par causer l'échec de ce plan.

Mauvaise foi du pouvoir public
Outre les manœuvres indignes des autorités pour faire pression sur les habitants, et ainsi leur faire vendre leurs terrains à des prix inférieurs à ceux fixés par les juges pour l'expropriation, la commune et la Région ont fait preuve de mauvaise foi et d'entêtement stérile. Le quartier reste délabré, les bureaux inoccupés, et le juge de paix de Saint-Gilles a stigmatisé la mauvaise gestion des autorités publiques dans ce dossier.

Exemple à ne pas suivre
L'exemple de ce quartier pourrait peut-être également servir d'exemple aux tenants d'autres projets bruxellois, promettant certaines zones de la capitale à un « développement international » qui risque de ne jamais venir. Quoi qu'il en soit, cette exposition permettra aux curieux et aux autres de se pencher sur l'histoire contemporaine de ce quartier qui défigure une partie de Saint-Gilles et déchire le cœur des Saint-Gillois.

Pour en savoir plus sur le sujet, n'hésitez pas à visiter le site Quartier Midi.

Thomas Halter
20/01/09 13h20
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