Les Hautes écoles fusionneront bel et bien

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Par: rédaction
17/02/09 - 19h30

Le parlement de la Communauté française a adopté mardi un projet de décret qui doit permettre à des Hautes écoles de zones différentes mais contiguës de fusionner. Il crée également un Conseil des étudiants dans les Instituts Supérieurs d'Architecture (ISA).

Cet élargissement des possibilités de fusion ne plaît guère à Ecolo, qui s'est abstenu, tout comme le MR.

Réactions sceptiques et critiques
Ainsi, Marcel Cheron a mesuré l'étendue du fossé qui sépare le nouveau décret de celui d'août 1995 dans lequel l'actuel ministre wallon cdH André Antoine promettait de garantir un enseignement de proximité, n'envisageait des regroupements d'écoles qu'à l'intérieur d'une zone correspondant à une province et ne tolérait qu'un maximum de 20 kilomètres entre les écoles fusionnées. Ce décret opère un changement total de philosophie, malgré son aspect anodin: où reste l'ancrage régional?, a-t-il demandé, soulignant que le centres de décision de certaines écoles pourront se trouver à l'autre bout de la Wallonie.

Ces mêmes critiques ont été formulées il y a quinze jours par les deux organisations étudiantes FEF et Unécof, qui avaient dénoncé l'avènement d'un "enseignement à longue distance" et d'un "enseignement de masse". Le décret est clairement motivé, avait dit la FEF, par des cas particuliers, à savoir la fusion des Hautes écoles luxembourgeoises d'une part avec la Haute école de Namur et, d'autre part, avec la Haute école Charlemagne.

Du positif pour le personnel
Ce long décret contient aussi une série de mesures en faveur du personnel de l'enseignement supérieur, issues de la convention sectorielle 2009-2010, et prévoit un financement en faveur des Hautes écoles qui développent des projets de recherche avec le programme wallon First HE.

En séance plénière mardi, la majorité, répondant à des critiques exprimées en Commission, a proposé un amendement étendant cette possibilité aux écoles bruxelloises. Il a été adopté sans problème par tous les groupes. "C'est en fin de législature que l'on commence à prendre Bruxelles en considération: c'est un bon début", a commenté malicieusement Françoise Bertieaux pour le MR.

Pas de délocalisation automatique
La ministre de l'Enseignement supérieur, Marie-Dominique Simonet, a affirmé que les fusions ne "pourraient pas se réaliser de façon subreptice" et n'entraînaient pas automatiquement une délocalisation des Hautes écoles.

Le gouvernement n'acceptera que des dossiers bardés de garanties fixées après concertation avec toutes les parties concernées, a-t-elle ajouté, rappelant que toutes les fusions précédentes se sont faites sans pertes d'emploi.

Des évolutions se sont produites depuis 1995: des académies se sont créées et les Hautes écoles ont aussi voulu se structurer en pôles autour des universités, a encore expliqué la ministre. (belga/acx)

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