Tueries du Brabant: les os découverts à Elouges datent du mérovingien

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Par: rédaction
25/02/09 - 13h35
Les ossements découverts datent de l'époque mérovingienne.

Cinq squelettes mérovingiens datés d'époque, deux sacs de vêtements, des sacs vides ayant contenu de la chaux vive: c'est le bilan des fouilles menées depuis la mi-janvier à Elouges (Dour), dans le cadre de l'enquête sur les tueries du Brabant, tel qu'il a été présenté mercredi par le responsable de la "cellule de Jumet.

Ces fouilles, terminées mardi soir, avaient débuté le 19 janvier sur le site d'un "casseur", où les enquêteurs de cette cellule espéraient découvrir la trace d'armes ou de pièces de voitures, a expliqué mercredi Lionel Ruth, le responsable de l'enquête. Le terrain s'y étend sur un demi-hectare et la Protection civile a pris part aux fouilles, ainsi que le DVI, la Cellule d'identification des victimes. On a rapidement découvert les morceaux épars d'un squelette qui a fait l'objet d'une datation au carbone 14. Elle a révélé qu'il était de l'époque mérovingienne.

Les fouilles qui se sont poursuivies ont permis de mettre au jour, cachés à un mètre vingt de profondeur, des sacs contenant des vêtements dont les étiquettes et les boutons avaient été enlevés. On a également découvert des sacs vides mais qui avaient contenu de la chaux vive. "Cela nous a fait espérer qu'on retrouverait des restes de corps qui auraient pu être dissous dans cette chaux vive, mais il n'en a rien été", a expliqué Lionel Ruth.

Des emballages de nourriture se trouvaient au même endroit et portaient une date de péremption à juin 1986. "Ce peut être un indice intéressant, car cela nous reporte à l'époque des tueries", a commenté le responsable de l'enquête. Des examens vont être pratiqués sur ces emballages, certains d'entre eux pouvant porter des traces d'ADN qui seraient alors comparées aux ADN existant déjà dans le dossier.

A propos de cette découverte, Lionel Ruth a également rappelé qu'en 1986, des fouilles menées dans le canal à Ronquières avaient permis de mettre la main sur des armes et sur des vêtements dont les étiquettes et les boutons avaient été arrachés, eux aussi. Les vêtements d'Elouges vont faire l'objet d'examens complémentaires. Les fosses septiques et les citernes proches ont également été visitées, sans autre résultat.

Le demi-hectare de terrain a été entièrement fouillé et quatre autres squelettes datant de l'époque mérovingienne ont été découverts. Ces mises à jour auront donc au moins eu un intérêt archéologique, ce qui a suscité la curiosité des spécialistes, venus sur place. Si ces travaux n'ont pas eu les résultats escomptés, ils ont cependant eu d'autres conséquences, a encore expliqué lé responsable de l'enquête: des témoins se sont manifestés, notamment à propos de celui qui était à l'époque l'exploitant de ce terrain. De plus, les fouilles ont mis au jour l'invraisemblable bric-à-brac que cet exploitant avait pris l'habitude d'enterrer: on a dû évacuer plusieurs containers de pneus, enterrés avec leurs jantes tout comme des moteurs de voitures ou des portières.

La "cellule de Jumet" des tueries du Brabant n'est plus, dans les faits, localisée à Jumet, mais bien, depuis le mois dernier, dans les locaux de la police fédérale, à Marcinelle. Elle compte encore actuellement douze hommes, qui continuent d'y croire, a expliqué Lionel Ruth. Les travaux de profiling se poursuivent à propos de cette série d'agressions ultra-violentes qui, dans les années quatre-vingts, ont fait 28 morts et seront judiciairement prescrites en 2015. "Mais on ne passera à côté d'aucune vérification", a assuré le chef d'enquête. (belga)

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