Les CPAS wallons en ont marre de prendre en charge les exclus de l'ONEm
Le Centre Public d'Action Sociale (CPAS) prend en charge 38% des personnes exclues du chômage. La Fédération des CPAS wallons juge ce chiffre top élevé, a-t-elle indiqué lundi.
Au 31 octobre 2008, les CPAS ont pris en charge 2.637 bénéficiaires d'une allocation ayant reçu une sanction de l'Office National de l'Emploi (ONEm). Ces personnes correspondent à 7,2% du nombre total des bénéficiaires du revenu d'intégration en Wallonie.
Le Hainaut en tête des sanctionsLe pourcentage de personnes sanctionnées par l'ONEm et prises en charge par le CPAS varie d'une région à l'autre. Le Hainaut est en tête avec 47,3%. C'est le Brabant Wallon qui en accueille le moins avec 22,6%. Trente-cinq pour cent des personnes sont exclues pour une période inférieure à 4 mois, 37 % le sont pour une période supérieure à 4 mois et 28% définitivement.
Les motifs de sanction sont liés à 23% à des problèmes administratifs au sens large, à 23% à des sanctions justifiées et à 23% à des cas surréalistes. Il existe un autre motif supérieur (31%): le flux d'information qui passe du Forem, office régional de l'emploi et de la formation, à l'ONEMm.
Le CPAS dénonce des mesures arbitrairesLes CPAS jugent les sanctions de l'ONEm arbitraires, systématiques et subjectives. Selon eux, ces exclusions sont faites à l'aveugle et sans spécialement les expliquer aux personnes concernées. S'adressant Forem, les CPAS soulignent le manque d'accompagnement individuel.
Lors de l'évaluation du Plan d'accompagnement des chômeurs, les CPAS ont constaté que pour 69,7% d'activation, il n'y a que 3,3% de formation et 8,2% d'emploi qui aboutissent. "Tout ça pour ça", ont-ils déclaré.
Coûts et surcharge de travail abusifs?Selon eux, cela aboutit à une lourdeur administrative, un coût considérable et une surcharge de travail pour les CPAS. Après déduction de toutes les subventions, le coût net est évalué à 18.158.972 euros.
Les CPAS demandent un accompagnement "qui accompagne", le respect du pouvoir fédéral envers les personnes et les institutions locales, l'arrêt des sanctions systématiques et la recherche d'une solution structurelle.
Si les CPAS n'ont pas de réponse à la suite de la publication de ce dossier, ils le transmettront aux ministres concernés, notamment à Marie Arena, ministre de l'Intégration sociale et à Joëlle Milquet, ministre de l'Emploi. (belga/acx)