Le bourgmestre de Saint-Nicolas nie l'utilisation de matériel public à des fins privées
Le député-bourgmestre de Saint-Nicolas (Liège), Patrick Avril (PS), a été entendu mardi par le tribunal correctionnel de Liège sur un ensemble de 58 préventions liées à des détournements de biens publics et de main-d'oeuvre communale à des fins privées dans le cadre de sa campagne électorale de 2004.
Il a évoqué un complot orchestré contre lui par ses adversaires politiques et des personnes frustrées par des promesses qui n'ont pas été honorées. Patrick Avril doit répondre des préventions de faux et usage de faux, de détournements de deniers publics, d'abus de confiance et de non-respect des marchés publics et de droit commun dans ses fonctions de bourgmestre de la commune de St-Nicolas. Il est poursuivi au même titre que le secrétaire communal, l'échevin des Travaux ainsi que deux employés communaux.
Dans le cadre de sa campagne électorale de 2004, Patrick Avril aurait
notamment dépensé 3.000 et 16.000 euros provenant des deniers publics pour acheter 400 panneaux de bois, des piquets en bois, de la colle et du matériel de bricolage divers. Il est aussi suspecté d'avoir utilisé de la main-d'oeuvre et du matériel communal dans la cadre de cette campagne.
Patrick Avril a soutenu devant le tribunal qu'il existe une volonté de
lui nuire. Il a d'abord expliqué que les éléments à sa décharge n'ont pas été vérifiés et que l'enquête a été réalisée exclusivement à charge. "Le montant des détournements présumés se monte à un deux-millième du budget communal, a commenté le bourgmestre de St-Nicolas. Il faut savoir que durant cette campagne, nous étions comme en temps de guerre. Les dénonciations sont orchestrées par mes adversaires politiques (Ensemble) et par des gens envers qui des promesses n'ont pas été honorées. C'est un complot mené par quelques personnes qui souhaitent voir tomber ma tête", a soutenu l'intéressé.
Selon l'enquête, le matériel utilisé par la campagne d'affichage de
Patrick Avril aurait été payé par des fonds publics. Il est question d'une somme budgétisée pour la construction d'une palissade qui n'a jamais été construite. Une dépense de 16.000 euros aurait été imputée au fonctionnement des installations sportives. Mais personne ne sait, parmi les prévenus, ce que sont devenus les panneaux sciés à des dimensions similaires aux tailles des 7.000 affiches de la campagne de Patrick Avril.
"Je ne crois pas du tout à l'efficacité d'une campagne d'affichage. La
distribution des affiches s'apparente à du militantisme. Je n'ai pas eu
besoin d'autant de panneaux car bon nombre d'affiches ne sont pas collées. Certaines sont déchirées, volées ou encore collectionnées par des sympathisants. Quatrième sur la liste, je savais que j'allais être élu même après une campagne modeste. Pour être élu en 2004, je n'avais nullement besoin de prendre des risques et je n'en ai pas pris", a encore argumenté Patrick Avril. La suite des débats a été reportée aux audiences du 21 avril et du 23 juin. (belga)