Van Rompuy s'investit dans le dossier des sans-papiers
Le premier ministre Herman Van Rompuy a indiqué jeudi à la Chambre accorder de plus en plus de son temps à la recherche d'une solution dans le dossier de la régularisation des sans-papiers enlisé depuis des mois, faute d'accord entre les différentes composantes du gouvernement. Une nouvelle réunion a lieu samedi.
M. Van Rompuy a dit jeudi ne pas vouloir faire de "promesse concrète de date" pour une solution mais a précisé que "la période exploratoire s'est écoulée". La ministre de l'Asile et des Migrations Annemie Turtelboom (Open Vld) n'a toujours pas pris de circulaire de régularisation, comme l'y invite la déclaration de gouvernement.
Depuis qu'il a pris la tête du gouvernement, M. Van Rompuy s'est investi dans le dossier.
Interrogé par quatre députés à la Chambre, le chef de gouvernement a dit avoir pris acte de différentes actions qui se sont déroulées ces derniers jours en faveur de la régularisation des sans-papiers. Mercredi, il a reçu une délégation de manifestants. "Dans mon propre ordre du jour, le dossier prend de plus en plus de place et de plus en plus d'importance", a assuré jeudi M. Van Rompuy.
Une nouvelle réunion aura lieu samedi avec "un petit groupe de quelques ministres". On y discutera de "mes propres propositions", a indiqué le Premier ministre. Mme Turtelboom a quant à elle été soumise à un feu nourri de questions au Sénat. A l'exception du Vlaams Belang, tous les partis ont réclamé cette circulaire. La ministre a confirmé la tenue d'une réunion samedi. Elle a aussi invoqué sa volonté de trouver une solution au plus plus vite et les efforts qu'elle a fournis depuis un an pour y arriver. "Si je ne voulais pas d'accord, pourquoi aurais-je déposé des textes dès le mois d'avril de l'an passé? ", a-t-elle fait remarquer.
Elle ne veut toutefois pas agir à la légère. "Mieux vaut arriver à un bon accord qu'à un accord bâclé", a-t-elle souligné, avant de rappeler que, malgré l'absence de circulaire, chaque année, environ 10.000 personnes étaient régularisées, un chiffre que conteste le PS.
Socialistes, écologistes, cdH et CD&V ont pris la ministre à partie. "Votre situation se rapproche de l'isolement", a lancé Marc Elsen (cdH), en évoquant la large mobilisation de cette semaine en faveur des sans-papiers. "C'est un problème humain. Tout le monde en convient, sauf peut-être vous. Peut-être restez-vous insensible à ces demandes? On assiste à une crispation de votre attitude depuis de trop nombreux mois", a dit Philippe Mahoux (PS).
Le CD&V s'est lui aussi montré excédé. "Il y a des différences idéologiques. On peut comprendre que votre parti ne soit pas sur la même longueur d'ondes mais il faut dépasser les clivages et avoir la volonté de trouver un consensus. Si vous n'avez pas cette volonté, il faut le dire", a demandé Nahima Lanjri.
Patrick Van Krunkelsven (Open Vld) a pris la défense de la ministre. "Cela m'irrite d'entendre certains dire que le VLD est inhumain", s'est-il énervé. Selon lui, les régularisations vont plus vite actuellement qu'auparavant et Mme Turtelboom a mis sur la table plusieurs propositions. "Les prochains jours et les prochaines semaines, nous allons travailler à un bon accord, qui ne sera pas motivé par des raisons électorales", a-t-il ajouté. (belga/mb)