L'expulsion d'une famille empêchée in extremis à Ixelles

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Par: rédaction
27/03/09 - 13h20

La police s'est rendue vendredi matin peu avant 8 heures à la chaussée de Vleurgat à Ixelles au domicile d'une famille, une mère et ses deux enfants, de nationalité brésilienne, en situation irrégulière en Belgique en vue de procéder à son expulsion.

Dérogation
La famille devait être conduite à Tubize au nouveau centre pour étrangers réservé aux familles mais elle a obtenu en urgence une dérogation à l'ordre de quitter le territoire émanant de l'Office des étrangers, et ce jusqu'à la fin de l'année scolaire, soit fin juin.

Mobilisation
Cette tentative d'expulsion a mobilisé les enseignants, la direction et des parents de l'école communale de la rue Sans Souci où est inscrite la plus jeune des deux filles âgées de 11 et 14 ans et où l'aînée a été en primaire.

Celles-ci sont retournées vendredi à leur école. La tentative d'expulsion a provoqué un certain traumatisme chez les enfants, ont expliqué des enseignants. La question des sans-papiers avait déjà été abordée dans la classe de la plus jeune.

Les enseignants de l'école de la rue Sans Souci ont été prévenus de la tentative d'expulsion par la mère de deux enfants. Une délégation composée d'enseignants et de la directrice, s'est rendue au domicile de la famille qui avait déjà préparé ses valises. Des parents, venus déposer à l'école leurs enfants, se sont également mobilisés et ont contacté diverses associations.

Le bourgmestre d'Ixelles, a été lui-même avisé de la situation. Des amies de la plus jeunes de deux filles, qui avait reçu vendredi matin une lettre de celle-ci et qui pensaient ne plus revoir cette dernière, étaient en larmes.

Report
Une avocate de la famille est finalement parvenue à obtenir un report de la date d'expulsion, visée par l'ordre de quitter le territoire, à la fin de l'année scolaire des deux enfants, soit à fin juin.

Selon l'avocate, la famille est en Belgique depuis huit ans mais n'a jamais introduit de demande d'asile. La dérogation a été obtenue auprès de l'Office des étrangers sur base d'une circulaire datant 2003 qui permet aux familles dont les enfants sont scolarisés à Pâques de ne pas être expulsés. Cette circulaire prévoit cependant qu'une demande d'asile doit avoir été introduite par la famille antérieurement. Une faveur a donc été accordée à la famille.

Première de classe
"Cette enfant est première de classe et très bien intégrée. Elle parle bien le français. Je trouve cela crapuleux d'expulser des enfants. Quand ils arrivent ici contre leur gré, ils ne pensent qu'à retourner chez eux. On arrive alors à les motiver, les introduire dans une école, dans une classe, dans un nouveau quartier. Et quand ce travail porte ses fruits, ils ne veulent plus retourner dans leur pays d'origine. Les enfants étrangers sont fort attachés à l'école. C'est donc aberrant de vouloir alors les expulser", a réagi l'enseignant de la plus jeune des deux filles qui ont fait l'objet d'une tentativee d'expulsion.

La régularisation des sans-papiers sera à nouveau débattue dans la classe de la plus jeune la semaine prochaine quand l'émotion suscitée par la tentative d'expulsion sera retombée, explique l'enseignant. Du côté des enfants, la situation des sans-papiers est mal comprise. "Pourquoi ils n'achètent pas des papiers?" s'interroge l'un d'eux. (belga/cb)

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