MISE À JOUR
Le Forem symbolise la malgouvernance wallonne, estime le MR. Selon lui, le rapport de la Cour des comptes, diffusé la semaine passée, contient tout ce qu'il ne faut pas faire en matière de gouvernance publique.
La Commission de l'Emploi du parlement wallon examinera mardi l'audit de la Cour des comptes sur l'Office régional de l'emploi et de la formation. Les Réformateurs n'ont pas mâché leurs mots sur le contenu de ce document qui, d'après eux, révèle au long de ses 170 pages la méconnaissance voire la violation de la loi au sein de l'institution, le règne de l'arbitraire, quand il ne s'agit pas du clientélisme.
"Le Forem, c'est le symbole et le coeur du mal wallon. On trouve dans le rapport de la Cour des comptes tout ce qu'il ne faut pas faire en termes de gouvernance publique", a dénoncé la députée Véronique Cornet qui a épinglé la responsabilité du PS. Si l'on excepte Albert Liénard (PSC), les socialistes ont eu la tutelle sur l'Office pendant 20 ans, a-t-elle rappelé.
D'après elle, les réformes déjà entreprises se sont avérées insuffisantes. Elle en veut pour preuve une note au gouvernement wallon du 12 mars évoquant des structures qui n'ont pas évolué, une "dilution des responsabilités", des "procédure multiples peu transparentes", des "niveaux de contrôle lacunaires", etc.
Le MR réclame l'adoption de 12 mesures, notamment la désignation immédiate d'un manager de crise investi de pouvoirs illimités pour mettre de l'ordre au Forem, à l'instar ce qui fut fait pour l'Agence Wallonne de l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH). Ils exigent aussi l'établissement du compte total des indus et la récupération par le Forem des sommes versées sans justification via les aides à l'emploi APE accordées aux organismes publics, au secteur marchand ou non marchand, aux communes, etc.
Selon les calculs du MR, le montant de ces indus s'élèverait à 7,5 millions d'euros. Les Réformateurs ne voient pas non plus quel argument pourrait encore être opposé à l'établissement d'un cadastre de ces emplois APE.
Il importe également aux yeux du MR de mettre fin immédiatement à toute relation contractuelle avec les prestataires de service épinglés par la Cour dans les dossiers litigieux, de faire la clarté sur les coachings dont ont bénéficié certains dirigeants du Forem pour préparer leur examen et d'inviter les agents coachés à retirer leur candidature pour garantir l'égalité de traitement de tous les candidats.
Le MR souhaite en outre investiguer d'autres champs, notamment le fonctionnement des centres de compétence et le mécanisme des résidences administratives (résidence considérée pour calculer les frais de déplacement en service). Quant aux critiques sur le recours excessif à la contractualisation et la façon dont elle est organisée au Forem, elle implique la suspension de tout engagement contractuel et une injonction de ne plus agir que dans le respect du Code wallon de la Fonction publique.
Les Réformateurs ne demandent pas la démission de l'administrateur général du Forem, Jean-Pierre Méan, tant celle-ci va de soi selon eux.
"Dans la situation actuelle, la question n'est pas de savoir s'il va démissionner mais quand et avec qui", a souligné le député Willy Borsus. (belga)


