Plus d'une centaine de soldats sri-lankais de la force des Nations unies en Haïti vont être rapatriés pour avoir acheté des services sexuels, y compris auprès de mineures, a annoncé l'ONU vendredi.
Ces soldats, membres du contingent sri-lankais de 950 hommes de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), "seront rapatriés par mesure disciplinaire samedi", a déclaré lors d'un point de presse la porte-parole de l'ONU, Michèle Montas.
Nick Birnback, un porte-parole du département de maintien de la paix de l'ONU (DPKO), a indiqué que la mesure de rapatriement concernait 111 soldats et trois officiers, soit un peu plus que le nombre total de 108 donné auparavant par Mme Montas. Cette dernière a indiqué que la décision avait été prise "à la suite d'informations concernant des cas d'exploitation sexuelle et d'abus commis par des membres d'un bataillon sri-lankais de la Minustah dans plusieurs endroits d'Haïti". Mme Montas a précisé que certaines des femmes haïtiennes impliquées dans le scandale étaient mineures.
La mesure disciplinaire a été prise à la suite d'un rapport d'enquête des services de contrôle internes de l'ONU (OIOS) et avec la coopération des autorités du Sri Lanka, a-t-elle dit. C'est la Minustah qui avait réclamé l'enquête de l'OIOS et le Sri Lanka avait dépêché une équipe d'enquêteurs comprenant notamment une femme, a-t-elle ajouté.
"Les Nations unies et le Sri Lanka prennent cette affaire très au sérieux et réitèrent leur attachement commun à la politique de tolérance zéro du secrétaire général sur les questions d'exploitation et d'abus sexuels, ainsi qu'aux principes de bonne pratique en matière de maintien de la paix", a-t-elle conclu.
Les forces de maintien de la paix de l'ONU ont été frappées par plusieurs scandales similaires dans le passé, notamment en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo et au Liberia. L'ONU, accusée d'avoir négligé cette question pendant des années, a adopté en 2005 une politique dite "de tolérance zéro", prévoyant que les soldats convaincus de mauvaise conduite soient rapatriés et punis dans leurs pays d'origine. Elle a aussi mis l'accent sur une formation adéquate des soldats de la paix. La plupart des quelque 100.000 troupes déployées dans les opérations de maintien de la paix onusiennes dans le monde ne peuvent pas être sanctionnées directement par l'ONU, ne répondant de leurs actes qu'à la hiérarchie de leur pays d'origine, soulignent les responsables onusiens.
Le Conseil de sécurité a renouvelé en octobre pour un an le mandat de la Minustah et l'a chargée d'aider la police du pays à lutter contre les trafics d'armes et de drogue. Placée sous commandement brésilien, la Minustah, qui compte actuellement 7.054 militaires et 1.771 policiers, est présente depuis la mi-2004 en Haïti, pays de 8 millions d'habitants, le plus pauvre du continent américain, qui peine à se remettre de vingt ans de crises meurtrières. (afp)


