Une demande de licence d'exportation d'armes vers la Libye pose actuellement problème à la FN Herstal. La situation est dénoncée dans un tract distribué aux travailleurs par la FGTB et le Setca. Le syndicats reproche à la Région de bloquer une licence d'exportation d'armes vers la Libye. Le contrat représente un montant de 10 millions d'euros. A la Région, on précise que le dossier est sensible et qu'un avis a été demandé à l'Europe.
Embargo levé
En juillet 2008, la FN a introduit une demande de licence d'exportation d'armes létales et non létales pour répondre à une commande du gouvernement libyen. "Le dossier ne semblait pas problématique car l'embargo vers la Libye avait été levé et que d'autres pays, européens et non-européens, fournissaient le pays", a expliqué Guy François, président de la délégation FGTB de l'entreprise, estimant que la Région veut "laver plus blanc que blanc".
Les armes doivent être livrées pour la fin avril, sous peine de payement de pénalités. Elles sont prêtes et sont spécifiquement marquées en langue arabe. "Si le contrat est bien effectué, cela assurera du travail pour les 5 ans à venir car d'autres contrats annuels sont en attente. Nous ne comprenons pas ce blocage politique en temps de crise", a encore remarqué M. François.
La Région wallonne nuance
A la Région wallonne, on précise que le dossier n'est pas aussi clair que ce qu'en disent les travailleurs. Outre le fait que la Libye ait fait partie des pays de "l'axe du mal" défini par le président Bush, on rappelle au cabinet du ministre-président Rudy Demotte que l'Union européenne a demandé une enquête sur un détournement d'armes de l'ONU de la Libye vers le Darfour. De plus, l'Angleterre a refusé récemment d'octroyer une licence dans un dossier similaire.
"Nous voulons avoir toutes nos garanties. Nous ne voulons pas qu'un jour, des enfants innocents soient tués au Darfour avec des armes estampillées Région wallonne. Nous avons bien conscience de l'impact du dossier sur les finances de la FN mais nous prenons le temps nécessaire pour obtenir toutes nos garanties", a précisé le porte-parole du ministre-président.
Avis dans deux mois
La Région a décidé de saisir une commission spécialisée et confidentielle du Conseil de l'UE (COARM) afin d'obtenir un avis. Celui-ci devrait être rendu dans les 2 mois. (belga/acx)


