Le roi reçoit la "future opposition"
Le roi a reçu ce lundi au palais de Laeken les présidents des futurs partis d'opposition, si du moins l'orange bleue devait voir le jour. Il s'est entretenu successivement avec Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant (Ecolo), Mieke Vogels (Groen!), Caroline Gennez (sp.a) et Elio Di Rupo (PS). Depuis que les négociations de l'orange bleue ont commencé, c'est la première fois que le chef de l'Etat rencontre les responsables des formations politiques qui en sont écartées. Il n'a toutefois pas accordé d'entrevue à l'extrême droite et à la Lijst Dedecker.
Le vote intervenu mercredi en Commission de l'Intérieur de la Chambre à propos de Bruxelles-Hal-Vilvorde a donné le coup d'arrêt des négociations entre MR, Open-Vld, CD&V/N-VA et cdH. Pour tenter de sortir de la crise, le souverain a confié aux présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy et Armand De Decker, la mission "de prendre une initiative afin d'entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés". D'aucuns y ont vu le retour du comité d'experts (ou commission des sages) mentionné dans le "non-paper" Milquet Van Rompuy et qui plancherait sur la réforme de l'Etat dans un cadre politique élargi.
Ce week-end, MM. Van Rompuy et De Decker ont notamment rencontré les présidents des partis socialistes et des écologistes. Aucun d'entre eux n'entend jouer les dépanneurs de l'orange bleue en fournissant les voix nécessaires qui manqueraient pour voter une réforme de l'Etat. S'il n'est toujours pas question de voler au secours des libéraux et des chrétiens-démocrates, les verts et le PS ne ferment pas pour autant la porte à une discussion.
Le président du PS a ainsi expliqué, à l'issue du bureau de son parti, qu'il était prêt à discuter à condition que le "menu" soit défini de manière concrète. Il attend au préalable une réunion des partis francophones pour qu'ensemble ils établissent les conditions dans lesquelles ils renoueront le dialogue avec les partis flamands. Parmi ces conditions, il doit y avoir un geste des partis flamands après l'"humiliation" subie par les Francophones en Commission de l'Intérieur. Dimanche, il indiquait que ce geste serait de "retirer ce qui a été fait (sur la scission de BHV) avec un vote". Lundi, il s'est montré plus prudent, soulignant qu'il appartenait aux partis francophones de définir ensemble ce qu'ils attendaient.
Ecolo tient quant à lui "à assumer ses responsabilités". Les Verts sont toutefois restés évasifs sur les conditions qu'ils posaient à une discussion communautaire. Ils ont simplement évoqué la nécessité "de renoncer à la musculation pour s'affirmer le plus francophone des Francophones ou le plus Flamand des Flamands".
Les socialistes flamands se sont dits prêts à collaborer à une réforme de l'Etat mais constatent qu'il n'y a actuellement aucune proposition sur la table. La présidente Caroline Gennez s'est néanmoins montrée très méfiante. "Cela ressemble à un alibi destiné à mettre sur pied l'orange bleue. Il ne revient pas à l'opposition de former un gouvernement", a-t-elle déclaré à l'issue du bureau du sp.a.
Groen! a lui aussi fait preuve d'ouverture. Les écologistes flamands attendent des "propositions sages" de la "commission des sages". Mais ils ne veulent pas signer un chèque en blanc à l'orange bleue et refusent une discussion communautaire qui s'inscrirait dans le cadre des négociations gouvernementales. Celles-ci sont toujours à l'arrêt. Le MR et le cdH ont jugé bon de le repréciser lorsque le formateur Yves Leterme a annoncé qu'il travaillerait sur le budget par le biais de contacts bilatéraux et la création d'un groupe de travail.
Demain/mardi, le roi aura de nouvelles entrevues, cette fois avec les chefs des délégations qui négocient l'orange bleue. Dans la matinée, il recevra le président du CD&V, Jo Vandeurzen, suivi de la présidente du cdH, Joëlle Milquet. Dans l'après-midi, ce sera au tour du président de l'Open Vld, Bart Somers, et du président du MR, Didier Reynders. (belga)