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Des militaires pour protéger les navires belges

7S7 mise à jour   L'armée, et en particulier sa petite unité de forces spéciales, pourrait jouer un rôle dans la protection de la flotte marchande belge contre les actes de piraterie, en pleine recrudescence dans plusieurs régions du monde et surtout face aux côtes somaliennes, a affirmé jeudi le chef de la Défense (CHOD), le général Charles-Henri Delcour.

"Si le besoin s'en fait sentir, on developpera une petite capacité" militaire pour pouvoir embarquer des militaires afin de protéger les navires belges, a précisé le "patron" de l'armée en marge d'une visite à Kandahar (sud de l'Afghanistan) au détachement aérien belge affecté à la force de l'OTAN dans le pays.

Le ministre de la Défense, Pieter De Crem, également présent à Kandahar, s'est pour sa part refusé à tout commentaire avant son retour à Bruxelles pour participer vendredi au Conseil des ministres hebdomadaire. "On est en train de regarder" ce qui peut être fait, a ajouté le général Delcour, comme en réponse à la demande formulée par les armateurs belges, qui souhaitent la présence de militaires à bord des navires marchands après la capture du Pompei samedi dernier par des pirates somaliens.

Il a néanmoins demandé aux autorités politiques de "laisser des délais" aux militaires, afin de leur permettre de former spécificiquement des militaires à de telles missions. "Il faut définir un cadre", a-t-il souligné, rappelant que la Belgique ne disposait pas - contrairement à la France - d'une loi réprimant les actes de piraterie.
Le Conseil des ministres restreint s'est déjà penché mercredi sur le détournement du Pompeï, décidant d'envoyer une équipe d'observation dans la région - à Djibouti, selon la presse - et d'étudier "les mesures nécessaires pour mieux garantir la sécurité des navires en passage" au large de la Corne de l'Afrique.

En commission de la Chambre des députés, le Premier ministre Herman Van Rompuy a précisé qu'il s'agissait tout d'abord d'équiper les navires marchands belges d'un système de traçage envoyant "au minimum toutes les six heures, par satellite, des données ayant trait à l'identité du navire et à sa position". Il a confirmé que le gouvernement avait reçu ces derniers jours, pour la première fois, "un certain nombre de demandes de protection militaire" de la part de sociétés de transport maritime, un secteur économique important en Belgique.

Le général Delcour a évoqué la possibilité d'engager des membres du Groupe de forces spéciales (SFG), une petite unité d'élite casernée à Flawinne (Namur). Mais à condition de leur fournir une formation spécifique, par exemple en France. "Nous avons des forces spéciales généralistes, pas des SEAL (les forces spéciales de la marine américaine)", a-t-il souligné.

Il a toutefois mis l'accent sur le caractère potentiellement dangereux d'une telle mission. "Il s'agit d'empêcher les pirates de monter à bord et donc éventuellement de tirer" sur eux avec une arme pouvant aller jusqu'à une mitrailleuse, a-t-il noté. Le chef de la Défense a aussi mis en garde contre le risque de riposte de la part des pirates, qui pourraient ouvrir à leur tour le feu sur le navire marchand. (belga)
23/04/09 10h30
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