MISE À JOUR
Le gouvernement wallon s'est accordé jeudi sur les lignes de force d'un "Plan Marshall 2.0" qui poursuivra le Plan Marshall lancé sous cette législature.
Plusieurs chantiers sont mis en avant: la création d'activité et d'emploi par les entreprises, la recherche et l'innovation, l'enseignement et la formation ou le développement territorial. Le gouvernement insiste aussi sur la révolution énergétique. Il est indispensable à ses yeux que la Wallonie réussisse la mutation de son économie face aux enjeux du développement durable.
Ces lignes de force ont été présentées à quelques semaines des
élections. Le gouvernement PS-cdH dit vouloir répondre à l'attente de
nombreux interlocuteurs, dont les partenaires sociaux, qui ont demandé la poursuite du Plan Marshall. Il se défend d'écrire déjà le programme de la future majorité. "Nous ne sommes pas ici dans une logique où l'on écrit une déclaration gouvernementale mais on ne veut pas perdre de temps", a expliqué le ministre-président Rudy Demotte.
Les partis de l'opposition n'ont pas été consultés pour l'élaboration
de ce plan. "Nous sommes devant un texte qui permet le débat", a toutefois précisé M. Demotte. Le 2.0 se veut une poursuite mais aussi une amplification et parfois une réorientation du Plan Marshall lancé à la fin août 2005. Il semble tenir compte des critiques émises à l'époque, en particulier la faible part laissée aux opportunités que recèle le développement durable et les liens avec Bruxelles. Le 2.0 prévoit ainsi de mener un plan ambitieux de rénovation et d'amélioration des performances énergétiques du logement wallon.
Le ministre de l'Energie, André Antoine, a également fait part de sa volonté de repenser la fiscalité wallonne en fonction des économies d'énergie. Quant aux relations avec les autres Régions, il est prévu d'ouvrir les pôles de compétitivité aux acteurs économiques de Flandre et de Bruxelles et d'amplifier les partenariats avec la Région bruxelloise en matière de formation, notamment en valorisant au mieux des équipements pédagogiques et les infrastructures.
En matière d'enseignement, le 2.0 ambitionne de créer un lien plus
étroit avec la réalité économique wallonne par une meilleure articulation avec les politiques du Plan Marshall. Sans surprise, le 2.0 énonce une série de domaine dans lequel le travail sera intensifié: formation en alternance qui doit devenir le fer de lance de l'accès à l'emploi, optimalisation de l'approche des métiers en pénurie, connaissance des langues, ciblage de l'assainissement des sites à assainir et à réaménager sur des terrains pouvant être affectés à
de l'activité économique, etc.
Le 2.0 veut encore "optimaliser" la gouvernance publique en Wallonie
et renforcer l'image de marque de la Région. Le pilotage du Plan Marshall est visé, entre autres en définissant des résultats observables à court, moyen et long termes. Il est également proposé de créer un "Comité de veille économique et institutionnelle" composé d'économistes et d'experts indépendants. Il aurait pour rôle d'évaluer les hypothèses sous-tendant les choix politiques et pourrait le cas échéant tirer la sonnette d'alarme si le contexte économique ou institutionnel l'impose.
Le 2.0 insiste aussi l'affirmation d'une identité wallonne dynamique et ouverte. "Si le plan Marshall a réussi à mobiliser une part appréciable des acteurs socio-économique, il doit maintenant évoluer pour susciter l'adhésion et la mobilisation des citoyens", souligne le document approuvé jeudi. A ce stade, le plan Marshall 2.0 contient de nombreux projets mais pas encore d'affectations budgétaires. Celles-ci seront la tâche du prochain gouvernement. (belga)


