Le président du FDF Olivier Maingain a été réélu sans surprise, dimanche midi, à la tête du Front des Démocratique des Francophones dont les membres se sont réunis en congrès électoral et statutaire. Au gouvernail depuis 14 ans, Olivier Maingain a été réélu par 92,7% (698 voix) des 747 participants au vote.
Il n'avait pas de challenger dans la succession à la tête du parti et n'a pas caché sa "perplexité" face à cette configuration dont il a dit espérer qu'elle ne se représenterait pas.
Le chef de file du FDF au parlement régional, Didier Gosuin, a pour sa part estimé que l'imminence du "danger des revendications institutionnelles" qui ne manqueront pas de rejaillir de Flandre après les élections justifiaient une candidature unique. Pour lui, la présidence du parti par Olivier Maingain est "le meilleur signal que le FDF peut donner" dans ce contexte.
Dans son allocution de clôture du congrès, Olivier Maingain a fortement dénoncé l'alliance de "l'état CVP même rebaptisé CD&V" et de "l'Etat PS dont les limites abyssales de la complicité sont aujourd'hui atteintes".
Pour lui, le dynamisme porté par l'ouverture à la modernité de 1999 à 2007 (ndlr: période des deux gouvernements fédéraux dirigés par les libéraux) a été "mis à néant tant par les velléités nationalistes d'une Flandre convaincue de sa supériorité que par l'alliance PS-cdH à la Région wallonne comme à la Région bruxelloise où les Ecolo sont de faible influence au point que le PS est retombé dans tous ses travers historiques".
Egrenant une série de dossiers judiciaires récents, demeurés "sans réaction de ceux qui doivent assumer des responsabilités au plus haut niveau", le président du FDF a exigé une double réforme de l'état au lendemain des élections de juin.
La première devra porter sur les équilibres institutionnels: plus la Flandre réclamera de l'autonomie, plus le statut de Bruxelles, et sa relation avec la Wallonie devront être renforcés, et plus le territoire de la Région-Capitale devra être élargi.
"La deuxième réforme de l'Etat est tout aussi indispensable que dépendante de la première: la réaffirmation de l'autorité publique et de l'Etat de droit en repensant au fonctionnement de l'administration publique. C'est essentiel pour rétablir la confiance du citoyen", a encore dit Olivier Maingain.
Pour lui, le PS s'est souvent prétendu le meilleur défenseur du service public. "Il en a cependant été le plus souvent le fossoyeur car il a privilégié ses réseaux, ses influences et son clientélisme au détriment de l'intérêt général, démontrant son incapacité de restaurer le crédit de l'autorité publique", a-t-il commenté.
Pour lui, la donne électorale est la suivante: ou le PS garde la main, faisant du cdH et d'Ecolo "ses satellites obligés" et aucune réforme ne se concrétisera, ou le MR est le centre de gravité et "le renouveau de la Wallonie s'inscrira dans un horizon enfin dégagé".
Les membres du FDF ont par ailleurs élu, à 88% des voix, Michel Colson au secrétariat général du parti fonction dans laquelle il succède à Eric Libert. Député bruxellois et président du CPAS de Watermael-Boitsfort, Michel Colson a été par le passé, chef de cabinet du président réélu.
Le congrès s'est tenu en présence de la présidente des libéraux bruxellois, Françoise Bertieaux, et de la tête de liste MR à Bruxelles, Armand De Decker. (belga/vs)


