Les élèves immigrés sont à la traîne
Le niveau scolaire des élèves issus de l'immigration est nettement moins bon que celui des autochtones, et ce tant en Communauté française qu'en Flandre. La tendance est de plus davantage marquée en Belgique qu'ailleurs, rapporte lundi
Le Soir. Le journal a pu prendre connaissance d'une étude de sociologues de l'ULB qui ont travaillé sous l'égide de la Fondation Roi Baudouin. L'étude se fonde sur les résultats de la dernière enquête (2006) Pisa de l'OCDE qui mesure certaines performances scolaires des élèves de 15 ans dans 57 pays.
"Aucun autre pays industrialisé ne présente un fossé aussi grand entre les élèves issus de l'immigration et les autres, et les résultats obtenus par les élèves d'origine étrangère sont parmi les plus faibles du monde développé", selon l'étude.
En mathématiques, les jeunes francophones obtiennent un résultat de 510 points aux tests Pisa (dont la moyenne est 500) mais les jeunes d'origine immigrée n'obtiennent que 444 (2e génération) et 406 (primoarrivants), ce qui est catastrophique, selon les chercheurs. Par ailleurs, pour les mathématiques, 18% des élèves autochtones, 36% des immigrés de 2e génération et 53% des primoarrivants n'atteignent pas un niveau 2 sur l'échelle Pisa allant de 0 à 6, niveau 2 considéré comme le seuil minimal de compétences requis pour s'insérer dans le vie professionnelle.
Parmi les causes de cette situation, les sociologues pointent la langue parlée à la maison (surtout en Flandre) et le niveau socio-économique des parents. Plus celui-ci augmente, plus les résultats des élèves sont bons, or les immigrés appartiennent plus souvent aux classes sociales moins aisées. Enfin, au niveau institutionnel, la Belgique connaît une ségrégation scolaire extrêmement marquée, tant au niveau francophone que néerlandophone, constatent encore les chercheurs. (belga)