La cour d'assises de Liège a achevé mercredi matin l'audition des différents témoins au procès de Youssef Khanfour, un Marocain de 29 ans accusé de l'assassinat de Paulin Mokoko (54 ans).
Après le rapport dressé par un expert psychiatre, les témoins de moralité de la victime ont dressé le portrait d'un personnage qui était très apprécié dans la communauté congolaise et qui y jouait le rôle d'un sage. Les faits reprochés à Youssef Khanfour s'étaient déroulés le 23 juin 2004, en pleine nuit, à proximité d'un café-dancing situé dans le quartier multiculturel et populaire de Hodimont à Verviers. Paulin Mokoko, un Congolais de 54 ans, avait été tué de trois coups de couteau portés dans le dos. Youssef Khanfour n'avait pas accepté que Paulin Mokoko se montre entreprenant à l'égard de la femme avec laquelle il souhaitait faire sa vie. L'expert psychiatre Walter Denys a précisé que Youssef Khanfour n'était pas en état de démence ni en état de déséquilibre mental au moment des faits. Toujours actuellement, il ne révèle pas de dangerosité particulière et ne doit pas bénéficier de la loi de défense sociale.
L'expert a écarté les notions de psychopathie, de psychose et de débilité mentale. Khanfour présente un fonctionnement instable et rebelle. Il n'a pas eu une vie constructive car il n'avait pas de but précis pour sa vie. Il avait peu d'éléments à sa disposition pour évoluer de manière favorable. Le spécialiste a précisé que l'honneur a joué un grand rôle dans le déroulement des faits si, comme l'accusé le soutien, il a été insulté par la victime. Les excitants (alcool, drogue ou médicaments) ont aussi joué un rôle dans son comportement en lui permettant de lâcher une agressivité sous-jacente mais disproportionnée. Le psychiatre Denys a enfin dressé le portrait d'un accusé né au Maroc, où son père exerçait la profession de chauffeur de taxi avant de décéder d'une tumeur cérébrale. L'accusé n'a effectué qu'une scolarité limitée et a arrêté ses études à l'âge de 13 ans pour suivre une formation dans la coiffure.
Khanfour a quitté son pays en 1995 pour rejoindre la Belgique comme clandestin. Il a ensuite été hébergé au centre fermé de Vottem, où les médecins ont détecté une tuberculose. Cela lui a permis d'être libéré de ce centre et de ne pas être expulsé. Youssef Khanfour s'est alors installé à Verviers, où il fréquentait régulièrement le café-dancing Djakirumba. Youssef Khanfour a décrit les faits à cet expert de manière embrouillée. Il avait précisé qu'il était vexé de la manière dont la victime s'était conduite à son égard. Le QI de l'accusé a été évalué à 82 par le psychologue Didier Salah. Les témoins ont enfin dressé le portrait de la victime. Paulin Mokoko avait été un combattant pour la liberté du Congo et militait au sein d'un parti opposé à la dictature instaurée par le président Mobutu. Il avait très bon caractère. C'était un ami fidèle, correct et loyal, doté d'un bon relationnel. Paulin Mokoko faisait autorité par son âge dans la communauté congolaise.
Il assurait un rôle de conseiller qui allait très bien avec son caractère de sage. Sur le plan familial, Paulin Mokoko était un bon père de famille. Sa veuve a exposé qu'elle était une femme comblée par cet homme très attentif envers sa famille. Sa fille a précisé qu'il adorait ses enfants et qu'il était très attentif au développement de sa famille. Tous les témoins ayant été entendus, les débats ont été interrompus ce mercredi et les jurés bénéficient d'un après-midi de congé. Les interventions de l'avocat général Goblet et des différents avocats de la défense et de la partie civile débuteront jeudi matin. Le verdict et l'arrêt devraient tomber jeudi soir. (belga)
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