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Pétition de soutien à Rudy Nzimo, étudiant à l'ULB

Une pétition de soutien à Rudy Nzimo, cet étudiant camerounais inscrit en polytechniques à l'ULB et qui est privé de liberté depuis le 6 avril à la suite de son retour en Belgique d'un voyage au Cameroun, a été lancée mardi à destination des mandataires politiques.

Rudy Nzimo devait passer cette année douze examens et en a déjà réussi neuf. Il a défendu également son mémoire de fin d'étude qu'il a également réussi. Sa session d'examens devrait débuter en principe le 25 mai. L'ULB étudie la possibilité de lui faire passer ses trois derniers examens au centre fermé de Merksplas où il réside actuellement.

"Rudy Nzimo est un étudiant qui a un projet et qui assure au niveau de son cursus. On est dans l'absurdité la plus totale", a indiqué le doyen de la faculté des sciences appliquées à l'ULB, Alain Delchambre, qui lance lui-même un appel aux mandataires politiques pour tirer Rudy Nzimo de cette situation.

Trop rigide
La chambre du conseil a ordonné à deux reprises la libération de l'étudiant mais l'Office des étrangers maintient ce dernier en centre fermé sur base d'une décision du Conseil du Contentieux des étrangers. Le 23 avril, le tribunal des référés a confirmé l'ordonnance du président du tribunal de première instance qui suspendait l'expulsion de l'étudiant et a rejeté la tierce opposition de l'Office des étrangers. En cas d'expulsion de l'étudiant, l'Office des étrangers risque une astreinte de 100.000 euros.

"L'administration applique des règles de façon bête et brutale. Comme dans le cas de Rothman Salazar (cet Equatorien de 19 ans expulsé à la fin du mois d'août qui est revenu en Belgique avec un visa d'étudiant), on impose une nouvelle fois à un étudiant une détention et des coûts à sa famille pour une histoire de visa", a réagi le président de la Ligue des droits de l'homme, Benoît Van der Meerschen.

Aucune garantie
L'Office des étrangers a indiqué mardi qu'il espérait toujours voir l'étudiant retourner volontairement au Cameroun afin d'introduire une demande pour de nouveaux papiers d'identité et un visa d'étudiant. "La proposition de l'Office des étrangers n'est pas acceptable car aucune garantie de délai n'est donnée", a indiqué l'avocat de l'étudiant, Me Hugues Dotreppe.

L'Office des étrangers refuse de faire entrer l'étudiant en Belgique car il estime que sa carte d'identité est fausse. Il se base notamment pour cela sur les empreintes figurant sur la carte d'identité qui diffèrent de celles de l'étudiant. "Les conclusions se basent sur une comparaison mécanique. Hors, la comparaison mécanique doit être confirmée par un technicien. Nous ne disposons d'aucun protocole mentionnant le type de machine ou la méthode utilisés", a expliqué l'avocat.

Pas compétent
Me Hugues Dotreppe considère que son client ne bénéficie pas de la présomption d'innocence. "L'Office des étrangers n'est pas compétent pour juger un faux. Hors, on ignore toujours si le parquet compte entamer des poursuites. L'Office des étrangers fait valoir sa propre loi et ce n'est pas acceptable dans un Etat de droit", a-t-il dit.

L'Office des étrangers considère que le maintien de l'étudiant en centre fermé en vue de son expulsion, est conforme à la décision rendue par le Conseil du Contentieux des étrangers.

"L'Office des étrangers préfère suivre une décision d'une juridiction administrative qui lui est plus favorable que de la Justice. Le Conseil des contentieux a estimé raisonnable l'appréciation de l'Office des étrangers, ce qui ne revient pas à dire qu'il donne raison à l'Office des étrangers. De plus cette décision n'est pas définitive", a conclu Me Dotreppe. (belga)
28/04/09 22h56
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