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20% des diplômés devront avoir étudié à l'étranger

Les ministres de l'enseignement des 46 pays européens participant au processus de Bologne se sont engagés mercredi à doper la mobilité estudiantine d'ici 2020. "Au moins 20% des diplômés (...) devront avoir bénéficié d'une période d'étude ou de formation à l'étranger", selon le communiqué final de la conférence de Louvain et Louvain-la-Neuve.

La mobilité est en effet "importante" aussi bien pour "l'épanouissement personnel" que pour "l'employabilité" future des étudiants, ont souligné les ministres dans la déclaration. Elle favorise aussi "le respect de la diversité" et "encourage la pluralité linguistique". En outre, elle "accroît la coopération et la concurrence" entre les universités. L'objectif de 20% requerra de nouveaux efforts de la part des Etats participant au processus. Il s'agira notamment de financer les bourses, mais aussi de faciliter l'accès de certains étudiants qui peinent à obtenir des visas.

Ambitieux
"Peut-être tous les pays n'atteindront-ils pas l'objectif", a admis le ministre luxembourgeois François Biltgen, au nom de la présidence bénéluxienne de la conférence. Mais "c'est la première fois dans le processus de Bologne que nous fixons un objectif" ambitieux de mobilité étudiante, s'est-il néanmoins félicité.

Réunis successivement à Louvain et Louvain-la-Neuve pour la 5e conférence de suivi de Bologne, les ministres ont passé en revue, mardi et mercredi, les différents objectifs de ce processus voué à harmoniser l'enseignement supérieur à travers le continent.

A côté de la mobilité, l'aspect social a aussi été évoqué, sous la pression de plusieurs centaines d'étudiants mobilisés en marge de la conférence pour dénoncer la marchandisation de l'enseignement supérieur. Selon le ministre flamand Frank Vandenbroucke, la déclaration finale prend pleinement en compte leurs revendications.

Nouveaux objectifs
Le texte souligne ainsi que le financement de l'enseignement est "une responsabilité publique", a-t-il relevé. Le communiqué insiste par ailleurs sur la diversité des objectifs de l'enseignement: non seulement "préparer les étudiants à leur future carrière" et "stimuler la recherche et l'innovation", mais aussi les "préparer à être des citoyens actifs dans une société démocratique" et "permettre leur épanouissement personnel".

La déclaration préconise aussi d'encourager l'accès des groupes sous-représentés et d'assurer les conditions propices à l'achèvement de leurs études. L'aspect économique n'en est pas moins mentionné dans les conclusions, où la formation d'une main-d'oeuvre qualifiée et la nécessité pour les établissements universitaires d'être "plus réactifs aux besoins des employeurs" sont citées.

Transparence
Les ministres se sont enfin penchés sur la nécessaire comparaison des universités, en promettant de développer des "outils de transparence multidimensionnels". Dans le passé récent, la publication de classements par diverses institutions a fait grincer des dents les pays mal cotés, qui ont mis en cause les critères retenus.

Le commissaire européen à l'enseignement, Jan Figel, a promis de contribuer au développement d'un outil de comparaison prenant en compte non seulement la recherche, mais aussi le service aux étudiants et la dimension sociale. Ce classement devra être établi de façon indépendante des Etats et des universités, a-t-il insisté.
29/04/09 15h19
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