Les autorités espagnoles ont proposé au Sénégal un accord entre ministères de la Justice pour rapatrier un millier d'enfants sénégalais expatriés aux Canaries où ils sont retenus dans des centres de formation, a-t-on appris samedi auprès du ministère sénégalais de l'Intérieur.
"L'Espagne a proposé la signature d'un accord entre les ministères de la Justice des deux Etats pour la possibilité de faire revenir ces enfants dans +un cadre légal+ avec des perspectives d'insertion dans la vie active grâce à la formation qu'ils auront reçue", a déclaré le ministre sénégalais de l'Intérieur, Ousmane Ngom, cité par l'Agence de presse sénégalaise (APS, publique). Le ministre sénégalais de la Micro-finance et de la Coopération décentralisée, Abdourahim Agne, avait annoncé vendredi qu'un millier de mineurs sénégalais, âgés de 10 à 13 ans, se trouvaient sur l'île de Tenerife (dans l'archipel des Canaries) et qu'ils devaient être rapatriés.
Selon, M. Agne qui n'avait pas donné de date ni de détails sur les modalités de l'opération, ces mineurs ont été "expatriés en Espagne dans des conditions atroces et dramatiques" à bord de pirogues de clandestins en partance pour ce pays, dont le Sénégal est tout à la fois pourvoyeur et lieu de transit. Leur rapatriement se fera "le plus normalement du monde. Ces enfants n'y sont pas allés (aux Canaries) tout seuls mais avec des pères et des mères qui ont choisi la voie de l'émigration clandestine en emmenant un ou deux enfants avec eux", a indiqué M. Ngom, dénonçant leurs convoyeurs, lors d'un débat à l'Assemblée nationale.
Aucune précision n'a été apportée sur la formation évoquée reçue par ces enfants dont le nombre est passé de 700 en octobre à 1.000 actuellement, selon le ministre sénégalais de la Micro-finance et de la Coopération décentralisée. Selon une source à la présidence sénégalaise jointe samedi par l'AFP, cette affaire, très peu médiatisée au Sénégal, était suivie par le président Abdoulaye Wade. Ce dossier est géré directement par le président Abdoulaye Wade et le président du gouvernement insulaire de Tenerife, Melchior Navarro", avait auparavant indiqué à l'AFP une source au ministère sénégalais de la Micro-finance et de la Coopération décentralisée. M. Navarro "est attendu à Dakar en décembre pour voir les modalités par lesquelles cette question devra être gérée", avait ajouté cette source.
Le Sénégal et l'Espagne avaient annoncé en juin la prolongation jusqu'en juillet 2008 du dispositif européen Frontex de surveillance des côtes ouest-africaines pour lutter contre l'émigration clandestine. Les arrivées de clandestins dans l'archipel espagnol des Canaries ont beaucoup diminué cette année par rapport à 2006, où un nombre record de 31.000 sans-papiers avaient débarqué. Selon les autorités espagnoles, les arrivées ont baissé de plus de 60%, avec quelque 8.200 immigrants clandestins depuis janvier. (belga)


