L'idée de la Convention critiquée

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Par: rédaction
25/11/07 - 16h30
La Convention chargée de préparer la réforme de l'Etat a été qualifiée de "bidule" par Rudy Demotte.

Le ministre-président wallon, Rudy Demotte, a laissé peu de chances de réussite à la Convention chargée de préparer la réforme de l'Etat qu'il a qualifiée de "bidule" dimanche lors de l'émission Controverse sur RTL-TVI.

Vendredi, Laurette Onkelinx, chef de file de la probable future opposition socialiste au fédéral avait indiqué qu'elle ne participerait pas aux travaux de cette Convention. Précédemment, le président du parti, Elio Di Rupo, n'avait pas été aussi catégorique même s'il avait posé beaucoup de conditions à une éventuelle participation du PS. Dimanche sur RTL-TVI, Rudy Demotte a précisé le point de vue du PS. "Les socialistes ne veulent pas apparaître comme ceux qui grognent et qui disent non à tout mais ils ne veulent pas faire la vaisselle et le linge sale du ménage orange bleu". Et le premier des Wallons d'ajouter qu'à ses yeux la Convention ne serait qu'un "bidule de plus" à l'image de ce qu'avaient déjà tenté Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt.

Sur le même plateau, un sage du CD&V, Mark Eyskens a livré la même analyse, en d'autres termes. "Je reste un peu sceptique" sur l'organisation d'une Convention, a-t-il dit. Selon lui, les politiciens devraient s'informer auprès d'experts car ils "sont frappés de cécité idéologique". M. Eyskens en a appelé à une dépolitisation du communautaire. Dans la presse de la semaine, le président du MR, Didier Reynders, avait lui relativisé l'importance d'un Comité des sages composé de la vieille garde, précisant qu'il reviendrait in fine à la nouvelle génération politique de trancher. Selon Rudy Demotte, il a décrédibilisé les structures annoncées.

Le président du FDF, Olivier Maingain, a admis dimanche que les travaux de la Convention ne pourraient pas s'éterniser et qu'il faudrait des "objectifs" avec des "dates-relais". Mais il a rappelé le préalable selon lequel, à son sens, les travaux doivent se dérouler dans les conditions d'un dialogue, et donc, qu'il n'y ait plus de vote en force et que les trois bourgmestres francophones de la périphérie soient nommés.

Les partis francophones ont tous rappelé dimanche qu'il n'était pas question pour eux de toucher à la sécurité sociale, socle qui maintient l'Etat belge. "Vous n'entendrez jamais dire les Flamands qu'il faut régionaliser les pensions car ils n'y gagneront pas", a dit Olivier Maingain (FDF). Pour Mark Eyskens, si, au nom de la solidarité et de l'éthique, on ne peut effectivement pas scinder l'ensemble de la Sécu, il est irresponsable d'avoir des exclusives dès l'entame des travaux de la Convention.

Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen! à la Chambre a redit que les écologistes, forts de leurs expériences, étaient disposés à participer à un dialogue entre communautés pourvu qu'il ait du sens. Le chef de groupe cdH au Sénat, Francis Delpérée, a répondu aux critiques de Rudy Demotte en demandant si la Commission Wallonie-Bruxelles était le "bidule de Mme Arena". Pour le sénateur, il est important d'avoir un lieu avec des agendas, des menus mais aussi des garde-fous.

Si les partis socialistes ne participent pas aux travaux de la Convention, il sera difficile d'y préparer une réforme de l'Etat, ont suggéré plusieurs intervenants. Parlant de convergences entre Demotte et Dedecker - ce dernier participait également au débat - Olivier Maingain a également fait référence aux forces politiques qui sont en train de fuir leurs responsabilités. "Sur la réforme de l'Etat, nous prendrons nos responsabilités", a rétorqué le ministre-président.

Sur la RTBF, la présidente d'Ecolo, Isabelle Durant, s'est demandée, au-delà des travaux de la Convention, s'il n'était pas temps de changer de régime après 168 jours de négociations. Sabine Laruelle (MR) a répliqué que l'ensemble des partis flamands étaient demandeurs de réformes institutionnelles et que les revendications de la N-VA étaient portées par le CD&V. Modifier la composition de l'équipe des négociateurs ne changerait rien, a-t-elle précisé. Yvan Mayeur (PS) a souligné que le sp.a n'était pas demandeur d'une scission de la Sécu. (belga)

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