La police, la juge et même les habitants d'Abaetetuba n'ont rien fait pour empêcher qu'une adolescente de 15 ans passe un mois avec plus de 20 hommes dans une cellule du commissariat de cette ville de l'Etat amazonien du Para (nord du Brésil), a rapporté dimanche la presse.
"Tout le monde savait que l'adolescente était là, au milieu de ces hommes, et personne n'a rien fait", a dit au quotidien Folha de Sao Paulo une habitante d'Abaetetuba, une ville située à plus de 3.500 km de Rio de Janeiro. "Tous les détenus la violaient en échange d'un plat de nourriture", a dit une autre femme. Les habitants affirment n'avoir rien dit par crainte de "mourir".
"Ici, tout le monde a peur. Si on enferme une adolescente dans une cellule avec des hommes et que la juge l'y maintient, qui suis-je pour dénoncer ? Et en plus, à qui faire la dénonciation ?", a ajouté une habitante. "Aucune mesure n'a été prise pour la libérer. Ni par la juge, ni par le parquet", a déploré au journal Estado de Sao Paulo la responsable de l'Association des commissariats de police du Para, Maria Picanço. "Il n'y a pas de consignes sur ce que les policiers doivent faire lorsqu'ils arrêtent une femme dans un Etat où il n'y a pratiquement aucune prison de femmes", a-t-elle ajouté. L'adolescente a été libérée il y a quelques jours après un coup de téléphone anonyme aux autorités du Para.
Sa famille, très pauvre, ne savait pas qu'elle avait été incarcérée pour un vol présumé. Les détenus lui ont coupé les cheveux au couteau pour que la présence d'une adolescente dans la cellule soit moins remarquée. "Elle a été violée d'innombrables fois. Elle était obligée d'avoir des rapports sexuels avec les prisonniers en échange de nourriture", a dit a l'AFP la présidente de l'Ordre des avocats du Brésil (OAB), Miere Cohen.
"Ils me punissaient quand je ne voulais pas faire ce qu'ils demandaient", a raconté la jeune fille aux journalistes, qui ont constaté des hématomes sur son corps et des brûlures de cigarette sur la plante de ses pieds. La presse a rendu public vendredi le cas d'une autre jeune femme de 25 ans qui aurait passé 45 jours dans une cellule avec 70 hommes dans une autre prison du Para. (belga)
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