Procès Colonna : "Marion s'est trompé sur toute la ligne"

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Par: rédaction
27/11/07 - 12h03
L'ancien patron de la police antiterroriste Roger Marion.
Yvan Colonna.

Yvan Colonna, jugé devant la cour d'assises spéciale de Paris pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, s'est défendu mardi des accusations du policier Roger Marion en affirmant que ce dernier s'était "trompé sur toute la ligne" au cours de l'enquête.

"Il a toujours menti M. Marion, il s'est toujours trompé sur toute la ligne", a affirmé l'accusé, à qui le président Dominique Coujard avait donné la parole pour réagir à sa mise en cause la veille. Durant plus de six heures lundi, l'ancien patron de la police antiterroriste Roger Marion avait monopolisé la barre pour se dire notamment convaincu de la culpabilité d'Yvan Colonna dans cet assassinat perpétré à Ajaccio le 6 février 1998. "Je suis venu ici pour assumer toute la responsabilité de l'enquête, qui a conduit à l'arrestation de tout le commando", avait-il déclaré, alors que les six complices présumés de Colonna sont déjà sous les verrous. "Et je me réjouis que le septième soit aujourd'hui dans le box" des accusés.

Invité à s'exprimer librement à l'ouverture des débats mardi, Yvan Colonna a fustigé une enquête "pleine de contradictions" et accusé Roger Marion d'avoir "dissimulé" des éléments qui l'auraient selon lui innocenté. "Il a des écoutes qui m'innocentent, il les a dissimulées!", a lancé l'accusé. Colonna est également revenu sur la question des aveux de quatre membres du commando le désignant comme leur complice, voire faisant de lui le tireur ayant abattu Claude Erignac de trois balles dans la nuque.

Pour lui, ces déclarations ont été formulées lors de "gardes à vue pleines de contradictions", les membres du commando ne situant pas tous Colonna au même endroit le lendemain matin des faits. "Ces contradictions si c'est pas moi qui les pointe, personne ne les pointe", a poursuivi l'accusé, voulant croire que ceux qui l'ont mis en cause ont agi ainsi "soit pour se protéger eux-mêmes, soit pour protéger leurs familles ou un tiers". "La première mise en cause émane de Valérie Dupuis (compagne de Didier Maranelli l'un des quatre ayant désigné Colonna), c'est une femme que je ne connais pratiquement pas, je lui ai tout juste dit bonjour dans la rue, c'est extraordinaire!", a encore dit Colonna.

Ces dénonciations formulées à partir de mai 1999 ont été maintenues quelque 17 mois, avant que les quatre ne se rétractent en choeur, certains invoquant la "pression" policière. Les débats se poursuivaient mardi matin avec le témoignage de Frédéric Veaux, qui a participé à l'enquête à la fois en tant que directeur du SRPJ d'Ajaccio (1998-2000) puis comme chef de la Division nationale antiterroriste à partir de fin 2001. (afp)

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