Huit Bruxellois ont comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Mons pour détention arbitraire avec la circonstance aggravante de torture. Les faits avaient été commis, dans la nuit du 28 au 29 janvier 2001, sur Thierry Dumont et Raphaël Marchal. Les prévenus les suspectaient d'être liés à la disparition d'un de leur proche, Hakan Kaplan. Le corps de ce dernier avait été retrouvé dépecé dans le bois de Baudour (Saint-Ghislain), sur base des informations données par Marchal. L'assassinat d'Hakan Kaplan avait été examiné, en 2003, par la cour d'assises du Hainaut.
Décédé, Dumont n'avait pas pu être jugé, mais Marchal avait été condamné à 15 ans de réclusion. Deux autres hommes avaient respectivement écopé de dix et deux ans d'emprisonnement, tandis qu'un dernier avait bénéficié d'une peine avec sursis. Ils avaient exécuté Hakan Kaplan parce que celui-ci prenait ses distances vis-à-vis de la bande, connue pour des faits de vols et de stupéfiants. Le 22 novembre, le parquet avait requis huit ans de prison ferme à l'encontre de sept des prévenus. Pour le dernier, à savoir le père d'Hakan Kaplan, qui a joué un rôle modérateur, il a demandé cinq ans ferme.
Le procureur du roi a souligné la gravité des faits, avant d'ajouter qu'il ne pouvait tolérer que la famille et les amis de la victime se soient fait justice eux-même. De son côté, la défense estime qu'il n'y a pas eu torture, mais traitements inhumains. Pour elle, la torture est un acte "gratuit", alors que les traitements inhumains sont infligés à une personne dans le but d'obtenir d'elle des renseignements ou des aveux. Les avocats considèrent également qu'il y a eu provocation de la part de Dumont et Marchal, qui mentaient aux proches d'Hakan Kaplan.
Par ailleurs, ils ont plaidé le dépassement du délai raisonnable, ainsi que l'individualisation des peines en fonction du degré de participation de chacun. Certains conseils ont ainsi demandé un sursis, une peine de travail, voire une suspension du prononcé de la condamnation. Le jugement est annoncé pour le 20 décembre, mais il risque d'être reporté au début de l'année prochaine. (belga)


