Biographie de Donfut et rappel des faits
Didier Donfut, qui a démissionné mardi de ses fonctions au sein du gouvernement wallon, avait repris en décembre 2007 les fonctions de ministre de l'Action sociale exercées par Paul Magnette. Il est également, depuis 1992, bourgmestre de Frameries, commune du Borinage.
Ingénieur commercialM. Donfut (PS) a une formation d'ingénieur commercial. Il a siégé à la Chambre de juillet 1989 à novembre 1991. Depuis 1995, il est député au parlement wallon.
Sous la précédente législature, il a présidé la Commission du Logement et de l'Action sociale. En juillet 2004, il a été désigné secrétaire d'Etat aux Affaires européennes et, à la suite du départ de Rudy Demotte à la Région wallonne après les élections de juin 2007, il a hérité des Affaires sociales dans le gouvernement en affaire courantes.
Audition devant le comité d'audit du PSEn une législature, M. Donfut a été la troisième personnalité socialiste à exercer le mandat de ministre de l'Action sociale, après Christiane Vienne et Paul Magnette. Les ennuis de M. Donfut ont commencé le mois dernier. Le quotidien
La Libre Belgique a fait état de son audition devant le comité d'audit du PS.
Titulaire d'une dizaine de mandats, notamment comme administrateur rémunéré des intercommunales IDEA et IGRETEC, il exerçait en outre une mission d'expert auprès de deux organismes, Socofe, holding régionale qui gère des intérêts communaux et intercommunaux, et l'Intercommunale Gazière du Hainaut (IGH), par le biais de la société International Développement Energie et Environnement (IDEE), sprl dont il est l'unique actionnaire.
Pas rémunéré = 120.000 euros par anLa déclaration de mandats 2008 de M. Donfut mentionnait que ce mandat d'administrateur dans IDEE n'était pas rémunéré. Or, à en croire
La Libre Belgique, la convention passée avec l'intercommunale IGH en 2000 établissait une rémunération de quelque 120.000 euros par an.
Cette rémunération, perçue par l'intermédiaire d'une société, a créé la polémique en raison du caractère très vague de la mission (conseils dans les contacts entre IGH et Electrabel, sans autre explication) et de la grande liberté laissée à M. Donfut ("le consultant pourra organiser ses activités avec la plus grande liberté et avec la plus grande indépendance", précise la convention).
"Situation parfaitement légale"Cette situation a d'autant plus choqué que quelques mois auparavant, le parlement wallon avait réglé la situation des administrateurs publics qui exerçaient leur mandat par le biais d'une société pour être moins taxés.
A l'époque, le comité d'audit du PS n'a manifestement pas relevé d'irrégularité dans le chef de M. Donfut. L'intéressé a d'ailleurs rappelé que sa situation était parfaitement légale. Des sources internes au PS ont toutefois indiqué que M. Donfut a omis certaines informations devant le comité d'audit, ce qui expliquerait sa "démission".
"Choisir entre ses intérêts privés et publics"Tant dans l'opposition que dans la majorité, les partis politiques ont condamné cette situation. Avant l'annonce de la démission, le groupe cdH du parlement wallon a demandé à M. Donfut de "choisir entre ses intérêts privés et publics".
Le groupe MR du parlement wallon a dénoncé une "nouvelle affaire au PS". "En agissant de la sorte, Didier Donfut a gravement mis à mal le principe d'incompatibilité entre sa fonction de membre du gouvernement et celle de conseiller de sociétés sur lesquelles la Région exerce la tutelle", ont souligné les Réformateurs dans un communiqué.
Ecolo a quant à lui exhorté le ministre à mettre fin à cette situation sans délai et, plus largement, a appelé à moderniser la gouvernance en Région wallonne. (belga/th)