Tous les partis démocratiques représentés au parlement wallon se sont accordés sur la nécessité de poursuivre le débat sur la bonne gouvernance. Le PS, le cdH et Ecolo veulent en faire l'un des points fondamentaux du prochain accord de gouvernement.
Le MR a réclamé, par la voie d'une proposition de résolution, la mise sur pied d'une Commission parlementaire qui examinerait les conventions signées entre IDEE, la société de Didier Donfut, et les intercommunales wallonnes.
En début de soirée, le parlement wallon a finalement voté en séance plénière un amendement PS-cdH demandant la réalisation d'un audit généralisé sur les contrats de service et de consultance dans les intercommunales et autres structures publiques, comme l'avait préconisé le ministre-président Rudy Demotte dans son intervention. La majorité a voté en faveur du texte. Ecolo et le MR se sont abstenus.
Indignation
M. Demotte a tenu à exprimer son indignation dans ce dossier face aux montants évoqués. Il a toutefois appelé à se tourner vers l'avenir et mis en garde contre toute politique rétrospective. "Il y a d'autres situations qui, avec le regard que l'on porte aujourd'hui sur ces questions, nous apparaissent rétrospectivement problématiques. Je pense qu'il ne convient pas de nourrir une politique rétrospective en dressant une liste qui concerne tous les partis puisqu'il n'y avait aucune illégalité", a-t-il souligné.
M. Demotte a donc préconisé la tenue d'un audit sur les contrats de service et de consultance. Sur cette base, des propositions seraient émises qui pourraient être intégrées dans les futures négociations gouvernementales, quels que soient les partis autour de la table.
Climat relativement serein
Le débat parlementaire qui a suivi la démission du ministre de l'Action sociale, Didier Donfut, s'est déroulé dans un climat plus serein que ne l'aurait laissé présager la polémique actuelle. Des signes d'énervement à l'égard du PS étaient toutefois perceptibles au cdH. Le député Carlo Di Antonio, également bourgmestre de Dour, commune du Borinage, a mis en cause l'hégémonie socialiste dans certaines régions.
"Les cas les plus nombreux se sont produits dans les structures où un parti occupe une position dominante", a-t-il fait remarquer, en évoquant les affaires. Le député s'est étonné de la prépondérance des socialistes dans ces structures: avec 45% des voix, ils détiennent 70% des postes d'administrateurs dans les structures publiques et 80% des mandats au sein des comités de direction, a-t-il expliqué.
Lassitude socialiste
Le PS a également affiché une certaine lassitude face aux affaires qui se sont amoncelées et qui ont obscurci le travail de la majorité ainsi que de nombreux mandataires socialistes. "Je ne veux pas défendre l'indéfendable. Mais il n'est pas question que mon parti pratique l'auto-flagellation parce que mon parti ne se résume pas aux excès de certains", a lancé Joëlle Kapompole.
Ecolo a abondé dans le sens d'un travail à mener sous la prochaine législature. "Il faudra au cours de la prochaine législature dépasser les mesures cosmétiques pour sortir du mal wallon: la malgouvernance", a dit Bernard Wesphael. Le MR a quant à lui regretté une législature éclaboussée pendant 5 ans par les affaires. "Nous n'avons pas arrêté de connaître des moments difficiles", a déploré le chef de groupe Serge Kubla.
Le débat s'est animé quand la proposition de résolution du MR a été examinée en urgence. Les Réformateurs ont jugé vague et irréalisable l'amendement déposé par la majorité alors que leur texte visait un cas précis et ciblé. "Il faudra engager 600 personnes pour faire cet audit", a ironisé Hervé Jamar. Pour Ecolo, le texte PS-cdH était largement insuffisant. Les deux partis de l'opposition démocratique se sont toutefois abstenus estimant qu'il s'agissait d'un pas timide dans la direction voulue. (belga)


