"Le PS fait preuve d'une amoralité hors du commun"

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Par: rédaction
18/05/09 - 08h00
 Je lance un appel au cdH et à Ecolo: sont-ils prêts à réfléchir à autre chose que le socialisme et à le laisser, en cas de sanction des électeurs, dans l'opposition? 

Dix ans déjà que Didier Reynders occupe le ministère des Finances depuis sa nomination lorsque se forme Verhofstadt I en 1999. Récemment décrié pour sa gestion du dossier fortis, l'homme que l'on traite souvent d'arrogant dit en être ressorti "blessé".

Mais plutôt que de perdre la face, Didier Reynders semble au contraire puiser sa force dans les tacles de ses adversaires. Une formule cynique décochée en guise de réponse et revoilà le président du MR parti vaquer à d'autres occupations.

En attendant les résultats du scrutin du 7 juin, dont le leader du MR ne cache pas qu'il espère qu'il lui permettra de reléguer le PS dans l'opposition, le président du MR a répondu aux nombreuses questions qui lui étaient adressées par les lecteurs de 7sur7 et sélectionnées par la rédaction.

Certains contribuables regrettent que leur déclaration fiscale soit devenue plus compliquée à remplir. N'avez-vous pas le sentiment de la rendre de moins en moins accessible? (Joelle Cordier)
Elle est au contraire plus simple à remplir qu'auparavant. Non seulement on peut la remplir par tax-on-web de chez soi mais aussi depuis les bureaux du département des finances, où l'on propose même aux contribuables de se faire aider gratuitement par des fonctionnaires. De cette manière, on permet l'accès à tax-on-web au public le plus défavorisé.

Par rapport à l'année précédente, on demande simplement aux gens de recopier leur déclaration sur un document simplifié qui permet de réaliser de sérieuses économies de papier. Notre call center ne reçoit pas plus d'appels que d'habitude. La seule chose qui a changé ces
dernières années, ce sont les baisses d'impôts.

Après dix ans passés au Ministère des finances, pourriez-vous envisager de passer la main? (J.M. Schietecatte)
Ce serait dommage pour le département. Pendant les dix années qui viennent de s'écouler, on a accompli trois choses marquantes: des baisses d'impôts, l'introduction de l'euro et la modernisation des départements avec par exemple, la mise sur pied de tax-on-web. En
comparaison, il n'a rien été accompli de tel en dix ans dans le domaine de la justice.

Je voudrais pouvoir poursuivre le travail qui consiste à baisser la fiscalité sur le travail, lutter contre la fraude fiscale et moderniser le département. Je suis prêt à continuer pendant des années mais je n'ai jamais exclu d'aller vers un autre département.

En sachant que vous avez été contre la défense des actionnaires belges de Fortis, ne pensez-vous pas que vous vous êtes mis à dos votre propre électorat ? (Kevin Hernandez)
Nous avons travaillé pour les actionnaires de Fortis en maintenant une valeur en bourse au groupe Fortis qui était en faillite et en donnant une vraie perspective de développement au groupe, à travers le pôle des assurances. Mais nous avons aussi agi dans l'intérêt général, notamment celui de la plupart des contribuables qui n'ont ni épargne ni argent placé dans des groupes financiers comme Fortis et qui refusent que l'on utilise leurs impôts pour faire n'importe quoi. On a donc fixé des limites aux prises de risque.

Quand je vois qu'aujourd'hui encore, Dexia ou KBC constituent une source de problème, je suis heureux que l'on ait trouvé un vrai partenaire dans BNP Paribas pour avoir un projet industriel. Je suis fier que la Belgique devienne le premier actionnaire du plus grand groupe financier européen. Certes, on peut toujours faire mieux mais il ne faut pas oublier que nous avons dû intervenir dans l'urgence.

Que proposez-vous pour en finir avec la mal-gouvernance en Wallonie? (Pierre Paquet) Au vu des affaires qui éclatent en ce moment, accepteriez-vous encore une coalition avec le PS?
Le problème en Wallonie, c'est le socialisme. A chaque fois, on se dit que ça va changer mais cette semaine encore, il y a cette invraisemblable affaire de consultance. Le premier problème du socialisme en Wallonie, c'est l'hypocrisie avec ce slogan "Nos actions profitent à tous", qui consiste à se présenter comme les défenseurs des plus défavorisés alors qu'il s'y passe des malversations scandaleuses.

Le deuxième est qu'il fonctionne comme un véritable "système". L'enjeu des élections sera de voir s'il y a d'autres partis que le MR prêt à casser ce système socialiste en Wallonie. Je lance un appel au cdH et à Ecolo: sont-ils prêts à réfléchir à autre chose que le socialisme et à le laisser, en cas de sanction des électeurs, dans l'opposition?

Comment analysez-vous le fait que ce genre de pratiques se déroulent davantage au PS qu'au sein des autres partis?
Il ne faut pas dire que ça n'arrivera jamais au MR mais je pense que c'est une question de comportement. Notre logique est totalement différente de celle du PS qui est lié à cette idée de majorité absolue et d'"Etat PS". Ils ont le sentiment qu'ils peuvent tout se permettre parce que la région ou la commune leur appartient. Ils font preuve d'une amoralité hors du commun. Je crois que si notre parti avait eu à affronter ce qu'a affronté le PS ces derniers temps, il aurait disparu. Le PS a besoin d'une cure d'opposition pour changer.

Le MR est-il prêt à négocier la réforme de l'Etat? (Vinciane Ramet)
Nous pensons depuis longtemps qu'il faut aller plus loin dans la réforme de l'Etat. Nous aurions pu y arriver en 2007 s'il y a avait eu une véritable volonté d'en débattre. Malheureusement, nous avons été confrontés non seulement aux nationalistes flamands mais aussi au cartel formé par le PS et le cdH incarné par "Madame non", qui n'a pas agi uniquement pour empêcher la réforme de l'Etat mais aussi pour tenter de faire revenir le PS au gouvernement.

Pour continuer à rendre la Belgique viable, je suis convaincu qu'il va falloir donner plus d'autonomie aux Régions, à condition de renforcer l'Etat fédéral dans les matières qui relèvent de sa compétence propre. Pour cela, les francophones doivent accepter d'assumer davantage de responsabilités et les flamands, de mettre fin au repli sur eux-mêmes.

On évoque souvent la protection des locataires mais jamais des propriétaires. Pourrait-on envisager une mesure pour aider les propriétaires à percevoir leur loyer quand celui-ci n'est plus versé? (Jean-Marc Dujeu)
On pourrait créer un système de compensation qui consisterait à prélever le loyer directement sur le salaire du locataire. Cependant, il ne faut pas oublier que la plupart des personnes qui ne paient plus leur loyer font face à des problèmes d'argent. On octroierait alors un "chèque-logement" à tous ceux qui n'ont pas accès aux logements sociaux et qui serait directement versé au propriétaire, à hauteur d'un montant correspondant à l'octroi d'un logement social.

Que pensez-vous du décret inscriptions? Faut-il le garder ou tout recommencer? (Amandine Leroy)
Il faut l'abroger. Dans la très grande majorité des écoles, la mixité sociale existe déjà et cela fonctionne très bien. S'il y a des problèmes spécifiques, règlons-les. Je crois personnellement à la réhabilitation du goût de l'effort et à l'autonomie des écoles. Ainsi, concernant le port du voile, nous souhaitons laisser les écoles se prononcer, dans
certaines limites. Il faut faire confiance aux acteurs de terrain.

Que préconise le MR pour les sans-papiers? (Jean Stackx)
Je regrette que les autres partis en fassent un enjeu électoral à l'égard des communautés d'origine étrangère. Cela se voit dans la composition des listes du PS et du cdH à Bruxelles. D'après nous, il faut continuer à régulariser au cas par cas, comme on le fait en ce moment en régularisant 10 à 12.000 personnes par an.

Je suis pour l'octroi de papiers aux familles qui sont intégrées en Belgique depuis longtemps et qui ont des enfants à l'école. En agissant comme cela, on règlerait la plus grosse part du problème. Je regrette la position du cdh, du Ps et d'Ecolo qui est de ne pas agir tant qu'il n'y a pas de circulaire.

Le MR est-il en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'Europe?
Il faut accepter que la Turquie continue à défendre sa candidature. Elle doit tout d'abord se mettre en ordre vis-à-vis des critères politiques de Copenhague et des critères économiques de Maastricht. Ensuite, d'ici probablement une dizaine d'années, nous verrons si ces critères ont été respectés. Mais je pense qu'étant donné le poids que représenterait la Turquie dans l'Europe, il serait logique de demander leur avis aux citoyens européens par le biais d'un référendum.

Le programme complet du MR.

Propos recueillis par Viktoria Thirionet

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