Le CD&V ne montera pas au gouvernement fédéral sans Yves Leterme comme Premier ministre, a affirmé samedi le président du CD&V Jo Vandeurzen, au cours d'une conférence de presse organisée par le cartel que son parti forme avec la formation nationaliste N-VA. Le cartel considère que le cdH porte une grande responsabilité dans l'échec des discussions communautaires et que le Roi doit à présent prendre l'initiative.
"Leterme mérite une statue", a dit Jo Vandeurzen, se faisant l'écho des louanges de l'arrière banc du CD&V durant l'assemblée générale qui a précédé la conférence de presse. "Nous lui sommes reconnaissants de sa patience infinie, de ses efforts de jour comme de nuit, et de sa légendaire opiniâtreté", a-t-il ajouté, aux côtés du patron de la N-VA, Bart De Wever, pour qui Yves Leterme a accompli des efforts "presque surhumains".
Aux yeux du chef de file de la branche nationaliste du cartel, Yves Leterme a prouvé qu'il ne voulait pas à tout prix arriver au 16, rue de la Loi. Le cartel a déploré que les accords partiels engrangés dans des conditions difficiles en matière de justice, d'immigration et d'environnement risquaient d'être ensevelis sous la neige.
Le CD&V/N-VA considère qu'un bon bout de chemin avait été fait sur le plan communautaire également et que le cdH porte la responsabilité de la démission d'Yves Leterme. Il a reproché au cdH d'avoir refusé d'envisager la possibilité pour les Régions d'accorder des incitants fiscaux aux entreprises, alors que c'était une exigence qui était sur la table depuis longtemps. Pour Jo Vandeurzen, la dernière proposition d'Yves Leterme était absolument nécessaire.
Pour Bart De Wever, le cartel a toujours "tiré sur une seule corde"; il s'est toujours comporté de manière responsable et raisonnable. "Nous n'avons jamais dit qu'il y avait quelque chose à prendre ou à laisser", a-t-il dit.
Jo Vandeurzen a également cherché à corriger l'image selon laquelle, pour le cartel, tout tournait autour du communautaire. "Il ne s'agit pas d'un but en soi, mais d'un moyen de réaliser un certain nombre de choses, a-t-il dit. Pour lui, la crise actuelle est très grave. Il faut un respect mutuel pour trouver un consensus sur l'avenir de la Belgique. Jo Vandeurzen a enfin estimé prématuré de spéculer sur les nouvelles coalitions envisageables. (belga)


