Le bureau politique du cdH a refusé, samedi, en fin de journée, de porter le chapeau de l'échec de la mission du formateur Yves Leterme. Il s'est dit prêt à s'inscrire dans "toute initiative positive qu'il soit dans la majorité ou l'opposition" pour que la population ait un gouvernement qui s'occupe de ses vraies préoccupations.
Si certaines réformes équilibrées sont nécessaires, le cdH n'avait pas pour autant "à accepter sans conditions les nouvelles exigences des nationalistes flamands de la N-VA qui touchaient au coeur de l'Etat belge", a-t-il fait savoir à l'issue de sa réunion, en fin de journée. Rendant hommage à sa présidente Joëlle Milquet, pour son attitude "toujours constructive et cohérente", le bureau politique a dit son respect pour le choix du formateur d'avoir remis sa démission au Roi.
Assurant ne pas voir désiré de nouvelle crise, le cdH a jugé avoir pour sa part pris ses responsabilités, en rejetant les nouvelles exigences des nationalistes flamands de la N-VA "visant la sécurité sociale et l'équilibre économique du pays". Tout en le remerciant pour ses efforts, le cdH a regretté le choix d'Yves Leterme, estimant qu'il n'avait pas saisi les solutions possibles pour éviter une démission.
Parmi celles-ci, il y avait celle qui aurait consisté à en revenir à l'accord intervenu lundi dernier ou celle consistant à former un gouvernement socio-économique. "Alors que trois partis sur quatre avaient marqué leur accord, lundi dernier, c'est le propre parti d'Yves Leterme qui a rejeté ce qui était un texte de consensus équilibré pour les différentes communautés, comme ce fut déjà le cas au mois d'août pour la note de l'explorateur Herman Van Rompuy (CD&V)" a ajouté le cdH.
Le bureau politique du cdH a enfin souhaité qu'une "nouvelle dynamique puisse rapidement voir le jour avec pour objectif un gouvernement qui s'occupe des vraies préoccupations des Belges, de tous les Belges et donc aussi des francophones. Le cdH continuera, comme il l'a toujours fait, à s'inscrire dans toute initiative positive qu'il soit dans la majorité ou l'opposition", a-t-il conclu.
"Nous étions d'accord, pas le cdH"
Le président de la N-VA Bart De Wever a lui aussi refusé samedi soir, de voir son parti endosser, seul, la responsabilité de l'échec des négociations. Selon lui, son parti avait accepté la proposition finale d'Yves Leterme contrairement au cdH. Sur les ondes de La Première, comme sur les plateaux des JT de la RTBF et de RTL-TVi, le président de la N-VA a rejeté la responsabilité de l'échec des négociations sur le cdH.
"Tout le monde peut constater qu'il n'y avait qu'un seul parti qui ne souhaitait pas conclure un accord. Les trois autres partis avaient dit "oui" à la proposition finale du formateur. La situation est claire: seuls trois partis voulaient former un gouvernement", a-t-il notamment dit.
Bart De Wever a refusé aussi de voir la N-VA, son parti, endosser, seul, sa responsabilité de l'échec des négociations. "Je ne pense qu'il n'est pas correct de tout mettre sur notre dos", a-t-il ajouté. "Nous étions encore en train de négocier. Et dans ce contexte, il n'est pas anormal de mettre ses exigences sur la table. Les nôtres n'étaient pas excessives. Nous étions prêts à accepter l'accord final. Le cdH ne l'était pas".
Le président de la N-VA a rappelé que son parti refuserait d'entrer dans un gouvernement "qui n'organisera pas une réforme de l'état". (belga)
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