Nouveau record en vue en attendant l'initiative du Roi

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Par: rédaction
2/12/07 - 19h12
Discret depuis les élections du 10 juin, Guy Verhofstadt pourrait revenir sur le devant de la scène.

Après la démission d'Yves Leterme, samedi, chacun attend une nouvelle initiative du Roi. En raison de la complexité de la situation, il se pourrait bien qu'on batte le 5 janvier 2008 le record européen de la crise la plus longue détenu actuellement par les Pays-Bas.

Verhofstadt en échos
Depuis les élections du 10 juin dernier, le premier ministre sortant Guy Verhofstadt (Open Vld) est resté particulièrement discret. Il est revenu brutalement à l'avant-plan en étant reçu par le Roi samedi soir. Quant au président du MR Didier Reynders, omniprésent depuis la victoire électorale de son parti, il ne s'est pas montré de tout le week-end. Les deux hommes se seraient vus dimanche, ce qui n'aurait rien d'exceptionnel. Depuis quelques jours, son nom était cependant de nouveau sur beaucoup de lèvres et le fait qu'il ait été le seul à être reçu par le Roi Albert II samedi soir après le constat d'échec du formateur Yves Leterme a alimenté les rumeurs.

Reynders discret
Quant à Didier Reynders, depuis le 10 juin, il est omniprésent. Son parti est sorti vainqueur des élections et il a été le premier à se prononcer pour l'orange bleue. Depuis l'annonce officielle du deuxième échec d'Yves Leterme, il s'est montré particulièrement discret. On ne l'a pas vu de tout le week-end. Le nom de Didier Reynders était également évoqué régulièrement ces derniers jours comme celui qui pourrait succéder à Yves Leterme pour tenter de former un gouvernement fédéral. Le président du MR ne manque certes pas d'ambition et la tâche le tentait, mais les événements de ces dernières semaines l'ont rendu prudent. Le CD&V/N-VA n'a fait aucun cadeau à un des siens qu'il n'a pas hésité à désavouer plusieurs fois. On peut supposer qu'il sera encore moins tendre avec une personnalité issue d'une autre formation politique, d'autant plus s'il est francophone.

Réforme ou pas?
Quant à Guy Verhofstadt, on reparle de lui depuis plusieurs jours en évoquant des formules diverses comme la poursuite de la coalition violette, qui assure toujours les affaires courantes, en l'élargissant aux verts par exemple. Après l'échec d'Yves Leterme, la situation semble plus complexe que jamais. Les diverses formations en présence posent à la fois des conditions pour une réforme de l'Etat du côté flamand et en même temps refusent certains types de coalition. Or, comme le soulignait dimanche le politologue Pascal Delwit, ou bien on veut une réforme de l'Etat et on forme une coalition qui dispose d'une large majorité, ou bien on s'en tient à une coalition qui dispose d'une majorité simple et on renonce à la réforme de l'Etat.

Union nationale
Le CD&V/N-VA continue à plaider pour l'orange bleue, mais une troisième tentative menée par Yves Leterme semble assez improbable d'autant plus que le cartel continue à demander une réforme de l'Etat. Le chef de groupe du cartel à la Chambre, Pieter De Crem, a aussi dit dimanche son opposition à une tripartite traditionnelle. Les libéraux du nord et du sud sont aussi opposés à une telle tripartite, pourtant le président de l'Open Vld Bart Somers a dit samedi qu'une réforme de l'Etat était indispensable. Le président du PS, Elio Di Rupo, plaide quant à lui pour un gouvernement d'union nationale. Cette formule n'a pas l'heur au MR.

Sortez les calculettes
Depuis le 10 juin, on s'est focalisé sur la mise en place d'une orange bleue. Une telle coalition aurait bénéficié de 81 voix sur 150 à la Chambre, une majorité insuffisante pour réformer l'Etat qui nécessite les 2/3 (100 sur 150). Une tripartite traditionnelle serait sans doute la plus confortable pour réformer l'Etat. Une telle coalition disposerait de 115 voix sur 150 à la Chambre. L'autre majorité qui disposerait des 2/3 avec 101 voix est une coalition asymétrique regroupant MR, PS et cdH du côté francophone et CD&V/N-VA et Open Vld du côté flamand. Sans le cdH, une telle coalition ne disposerait plus que de 91 voix sur 150. La coalition violette ne dispose plus que de 65 sièges. Elle n'a donc pas de majorité. Si on y ajoute les écologistes du nord et du sud on arrive à 77 sièges, mais sans majorité dans le groupe linguistique néerlandophone (36 sur 88). Si on remplace le cdH par Ecolo au sein de l'orange bleue, il n'y a plus de majorité au sein du groupe francophone et en plus une telle coalition n'aurait pas de majorité au Sénat. CD&V/N-VA, cdH, PS et sp.a ne disposent pas de majorité (74 sièges). Si on y ajoute le écologistes pour former un olivier on arrive à 86 sièges.

La mise en place d'un nouveau gouvernement fédéral pourrait donc encore demander un peu de temps et on pourrait bien battre un nouveau record le 5 janvier 2008, 209 jours après les élections du 10 juin. En 1977, il avait fallu 208 jours pour former un gouvernement aux Pays-Bas ce qui est considéré comme un record européen. (belga)

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