Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a réagi "avec étonnement" aux commentaires de certains partis politiques belges à la suite de ses déclarations sur l'accueil de personnes actuellement encore détenues à Guantanamo.
"Nous avons sans cesse plaidé pour que la prison de Guantanamo ferme car elle représente une insulte à nos principes en matière de Droits de l'Homme. Cela implique que nous soyons prêts à travailler de concert à la recherche d'une solution et que nous prenions nos responsabilités", a tenu à rappeler M. De Gucht dans un communiqué publié vendredi soir.
"Cela concernerait des personnes qui sont actuellement détenues à Guantanamo mais dont il ressort, sur base de leur dossier, qu'ils doivent être libérés tout en ne pouvant pas être rapatriés vers leur propre pays car ils risqueraient d'y être torturés ou même tués", souligne le ministre.
En ce qui concerne la Belgique, "il s'agirait en tout cas uniquement de l'accueil de quelques-unes de ces personnes. Il est aussi clair que cela peut uniquement se faire dans un cadre européen et en tenant compte de nos conditions et exigences en matière de sécurité", insiste-t-il.
Il fait en outre remarquer que la décision finale d'accepter de telles personnes revient évidemment à chaque Etat et peut seulement avoir lieu après une étude approfondie d'un dossier concret.
"Ce que j'ai dit est en ligne avec les discussions à ce sujet au Conseil européen et au Parlement européen et, est parfaitement en ligne avec mes déclarations précédentes à ce sujet et avec les accords au sein du gouvernement. Lorsqu'une telle question est posée, nous devons être disposés à l'étudier avec un regard positif ", conclut le chef de la dipomatie belge.
Karel De Gucht a confirmé vendredi à Washington la disponibilité de la Belgique d'étudier l'accueil éventuel d'anciens détenus de Guantanamo.
"Si l'administration américaine est prête à prendre cette responsabilité de fermer Guantanamo, je pense que nous devons prendre aussi nos responsabilités", a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien avec la secrétaire d'Etat américain, Hillary Clinton, ajoutant que la Belgique pourrait accueillir "deux ou trois" détenus, sur un ensemble de 50 à 60 personnes concernées.
En fin de journée, le Premier ministre Herman Van Rompuy a précisé, par la voix de son porte-parole, qu'il souhaite davantage d'informations concrètes avant d'envisager l'accueil de détenus de la prison américaine de Guantanamo. Le Premier ministre a "fait savoir qu'il faut d'abord disposer de plus d'informations concrètes au sujet de cette problématique: sur qui cela porte et à quelles conditions cela se ferait. Le Premier ministre veut en discuter avec le gouvernement une fois que nous aurons ces informations", a indiqué son porte-parole. (belga)


