Visite-surprise du ministre De Gucht à Bagdad
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Le chef de la diplomatie belge, Karel De Gucht, est arrivé mercredi matin à Badgad pour une visite-surprise de deux jours en Irak, la première d'un ministre belge dans ce pays depuis 1990, alors que les autorités irakiennes assurent que la situation se stabilise, six ans après le renversement de Saddam Hussein.
M. De Gucht est arrivé vers 09h00 locales (08h00 heure belge) à l'aéroport international de Badgad, où il a été accueilli par son homologue irakien, Hoshyar Zebari.
Le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre doit rencontrer plusieurs membres du gouvernement irakien, dont le Premier ministre Nouri al-Maliki, son homologue Hoshyar Zebari et la ministre des droits de l'Homme, Wedjane Mikhaïl pour "normaliser" les relations bilatérales avec un pays qu'il considère comme "important", notamment en termes économiques, selon des sources diplomatiques.
La Belgique, qui était très présente en Irak durant la période de Saddam Hussein, a fermé son ambassade à Bagdad en août 1990, après l'invasion du Koweit, et ne l'a pas (encore) rouverte, malgré les demandes pressantes des nouvelles autorités. Bruxelles invoque des raisons de sécurité et le coût de la protection de l'ambassade et de son personnel pour justifier sa décision.
Le niveau de violences a nettement baissé en Irak, même si des attentats secouent encore régulièrement le pays et plus particulièrement Bagdad. Le mois d'avril a ainsi été le plus meurtrier pour les Irakiens et les Américains depuis septembre 2008 avec 355 civils, militaires et policiers irakiens tués, de même que 18 soldats américains, selon des chiffres fournis par plusieurs ministères irakiens.
Mais M. Maliki répète à l'envi que les violences ne remettent pas en question le processus de stabilisation du pays engagé depuis un an.
Les Etats-Unis, qui avaient envahi le pays en 2003 pour chasser le dictateur Saddam Hussein du pouvoir, maintiennent toujours quelque 135.000 militaires en Irak. Mais le président américain Barack Obama a annoncé fin février que le gros de ces troupes aurait quitté le pays d'ici le 31 août 2010 et qu'il ne resterait qu'une force de 35.000 à 50.000 hommes, avant un retrait total d'ici fin 2011.
La Belgique avait, avec la France et l'Allemagne, été l'un des plus virulents opposants à l'invasion de l'Irak par les forces américaines, sans mandat du Conseil de sécurité.
M. De Gucht se rendra aussi à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan (nord de l'Irak), qui doit commencer la semaine prochaine à exporter du pétrole extrait de son sous-sol en direction de la Turquie voisine. (belga)