Grève aux TEC Hainaut : tant pis pour le Doudou
Conscients qu'ils risquent de pénaliser les étudiants en examens et la Ducasse de Mons, qui aura lieu ce week-end, les trois syndicats de TEC Hainaut maintiennent leur mot d'ordre de grève de vendredi à lundi, indiquent les trois organisations syndicales.
La CGSP, CSC et CGSLB ont activé mercredi un préavis de grève déposé le 29 mai. Les syndicats réclamaient une révision du règlement de travail à la suite d'une sanction qui a frappé un contrôleur du dépôt de Mons, rétrogradé au rang de chauffeur.
Après l'échec d'une deuxième tentative de conciliation, mercredi, les syndicats ont lancé en front commun un mot d'ordre de grève dans tous les dépôts de TEC Hainaut, qui couvre les régions de Wallonie picarde, Mons-Borinage et du Centre. Face à cette menace de grève, un conseil d'administration extraordinaire du TEC Hainaut est prévu jeudi à 19 heures.
Alors que la sanction du contrôleur en question est contestée devant le tribunal du travail, les syndicats campent sur leurs positions. Pour Daniel Lardenoeye, permanent CGSLB, "à moins que demain, d'un coup de baguette de magique, le président du conseil d'administration devienne un interlocuteur des syndicats, je ne vois pas à quoi on va aboutir".
"Pour moi c'est un mot d'ordre de grève, point. Je ne pense pas qu'il y aura beaucoup d'examens ce vendredi. Malheureusement, il y a le Doudou. On se focalise sur ça. Mais cela fait un mois et demi que le préavis est déposé. Et c'est la veille que la direction essaye de trouver une solution ? Je ne ferai pas la même erreur que la semaine dernière, où deux organisations ont respecté la concertation sociale pendant le préavis de grève et où on est venu leur dire que leur préavis n'était plus valable", a-t-il ajouté.
Côté CSC, le permanent Éric Dehon aurait préféré lancer une opération tarif zéro. "La dernière fois que notre personnel a voulu mener une action de ce genre, tous ont reçu un courrier de menace de la SRWT (société régionale wallonne du transport) parlant de procédures disciplinaires et même de plaintes au pénal. Alors si c'est pour avoir des ennuis, ça ne nous intéresse pas. Lorsque nous avons déposé notre préavis le 29 avril, nous aurions espéré que la direction nous rencontre un peu plus tôt et en amenant quelque chose sur la table", estime-t-il.
La CGSP, elle, dit suivre le mouvement contrainte et forcée. Pour le secrétaire régional Christian Ménart: "Je n'appelle pas à la grève. Mais nous sommes dans une situation chaotique. Si mon organisation avait levé préavis, alors que les autres le maintiennent, on nous aurait accusés de lancer une grève sauvage". Selon lui, l'essentiel des bus de la région de Tournai, où la CGSP est très majoritaire, devrait rouler ce week-end.
Les syndicats estiment tous les trois que même en cas d'accord jeudi soir, au terme du conseil d'administration de TEC Hainaut, il sera sans doute trop tard pour persuader les chauffeurs de renoncer à la grève. (belga)