La conséquence collatérale la plus spectaculaire aura été la démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe de son poste de ministre-président de la Région wallonne.
Claude Despiegeleer.
Un audit de la Société wallonne du Logement (SWL), rendu public par Olivier Chastel, avait mis en lumière ce qui apparaît comme des erreurs de gestion de "La Carolorégienne".
Après une première audience qui s'était limitée à fixer un calendrier, le procès de "La Carolorégienne" débutera mercredi devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Ce dossier avait été le point de départ de toutes les affaires politico-judiciaires carolorégiennes. Il avait, à l'époque, coûté leur carrière à trois échevins de Charleroi, tous trois inculpés. Ils comparaîtront aux côtés de sept autres prévenus.
En septembre 2005, un audit de la Société wallonne du Logement (SWL), rendu public par Olivier Chastel, alors conseiller communal MR de Charleroi, met en lumière ce qui apparaît comme des erreurs de gestion de "La Carolorégienne", une société qui gère plus de 2.700 habitations sociales dans la région de Charleroi. A l'époque, l'administrateur gérant est Claude Despiegeleer, par ailleurs en charge de l'Échevinat des Sports et des Bâtiments publics de Charleroi.
Notes fastueuses, bouteilles...
L'audit de la SWL évoque des dépenses et l'utilisation de biens sans rapport apparent avec la gestion de "La Carolorégienne", tels que l'achat de bouteilles de vin, des notes de frais fastueuses, ou encore des aides accordées sans raison apparente à des associations sans lien visible avec "La Carolorégienne". On évoque aussi des logements sociaux octroyés sans raison à des sportifs de haut niveau.
Le 30 septembre 2005, l'échevin Claude Despiegeleer est inculpé de faux et usage de faux par fonctionnaire public, abus de biens sociaux et infractions aux lois sur la comptabilité. Placé sous mandat d'arrêt, il passera 42 jours en détention préventive.
André Liesse
André Liesse, échevin du Commerce, mais aussi président du conseil d'administration de "La Carolorégienne", connaîtra un sort identique puisqu'il sera inculpé le 5 octobre 2005 de faux et usage de faux par fonctionnaire public, abus de biens sociaux et infractions aux lois sur la comptabilité, il est cependant laissé en liberté.
Les mêmes chefs d'inculpations frappent Francis Poty, ancien sénateur PS, le 14 octobre 2005. On lui reproche notamment l'utilisation à des fins personnelles de personnel et de matériel de "La Carolorégienne".
Serge Van Bergen
Serge Van Bergen, échevin du Logement, et administrateur de la société, est inculpé le 20 octobre 2005 de faux et usage de faux par fonctionnaire public, abus de biens sociaux et infractions aux lois sur la comptabilité. Il est cependant laissé en liberté.
Les trois premières inculpations des échevins ont rapidement eu des conséquences politiques. Claude Despiegeleer a démissionné de ses fonctions d'échevin, tout comme André Liesse. Serge Van Bergen a refusé de démissionner, mais il a été dépossédé de ses attributions. Après avoir déposé une série de recours, il a finalement démissionné.
Van Cau
La conséquence collatérale la plus spectaculaire aura cependant été la démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe de son poste de ministre-président de la Région wallonne, le soir même de l'inculpation de l'échevin Claude Despiegeleer, qui était un de ses proches.
Plusieurs responsables administratifs de "La Carolorégiene" ont également été inculpés dans les semaines et les mois qui ont suivi, et comparaîtront aux côtés de ces mandataires politiques. C'est le cas de Luc Frère, directeur gérant, inculpé le 12 septembre 2006.
"Carolo bis"
Juge consulaire au tribunal de commerce de Charleroi, il était aussi administrateur de la société Coreva, une société comptable qui se chargeait tant de la comptabilité de "La Carolorégienne" que d'associations, qu'on retrouvera plus tard dans d'autres dossiers et particulièrement dans le dossier appelé "Carolo bis", relatif à des transferts de fonds entre la Régie communale et les sociétés sportives.
Egalement prévenu, Alain Carlier, autre directeur gérant de la société a également été inculpé, notamment, de faux commis à propos de frais de déplacements, de détournement et de prise illégale d'intérêt.
De même, le directeur technique, Jean-Paul Tison, a été inculpé de détournement, tandis que le directeur technique, Maurice Bruneel, était inculpé de faux et d'entrave à la liberté des enchères et des soumissions. René Boucheron, comptable à la SPRL Coreva de Luc Frère, a également été inculpé de faux et d'entrave à la liberté des marchés.
Plus de 50 heures d'audience
Enfin, Jean-Claude Henrotin, alors président du PS de Charleroi-Ville, a notamment été inculpé de détournement et de faux. A l'époque des faits litigieux, il avait été chargé par la Région wallonne de contrôler la gestion de "La Carolorégienne".
Le tribunal a prévu de consacrer à ce dossier plus de cinquante heures d'audience. Si les échéances sont respectées, ces audiences se poursuivront jusqu'à la fin du mois d'octobre, le jugement est attendu dans le courant du mois de décembre. (belga/chds)


