Les informations révélées hier sur des dépenses abusives faites par Edmée De Groeve avaient vite mis le feu aux poudres. La présidente de BSCA (Brussels South Charleroi Airport) aurait "régalé" ses invités sur le compte de l'aéroport, organisé un voyage - non pas californien - cinq étoiles dans un hôtel de luxe à Tenerife (dix invités, dont son compagnon, un frère d'Elio Di Rupo et un autre de Paul Magnette), utilisé des invitations VIP pour Francorchamps, et fait quelques autres dépenses "privées", le tout avec les cartes de crédit de Brussels South. Un nouveau scandale, à Charleroi qui plus est. De quoi ravir l'opinion...
Confiance - provisoire - des administrateurs
Mais à l'issue du conseil d'administration exceptionnel réuni hier soir à la demande d'André Antoine (ministre de tutelle cdH), Edmée De Groeve semble avoir répondu juste et convaincu les administrateurs, car ces derniers lui accorderaient à nouveau leur confiance, annonce ce mardi La Libre Belgique. Du moins temporairement.
Car le fond de l'affaire reste flou: la présidente PS de BSCA a peut-être pu "justifier" le but du voyage à Tenerife (un "cadeau" du management de BSCA), mais il reste l'invitation douteuse des frères de ses collègues socialistes, dont on ignore toujours les raisons exactes de la présence de le fameux hôtel de luxe. Toujours selon les informations obtenues par La Libre, Edmée De Groeve reconnaîtrait là une "maladresse, voire une erreur" et promet, comme le corbeau dans la fable, qu'on "ne l'y prendra plus". Mais la présidente glisse tout de même - en menues excuses - qu'il s'agit là d'un coup monté, d'une dénonciation diffamatoire fomentée par Marcel Buelens, l'ancien CEO de BSCA, qu'elle s'était récemment chargée de mettre à la porte vigoureusement, dira-t-on poliment. La femme de pouvoir de l'aéroport n'entend d'ailleurs pas en rester là avec son ancien CEO.
Le scandale dont la privatisation n'avait pas besoin
Vengeance, diffamation, ou délation? L'avenir, ou plutôt André Antoine, nous le dira. Celui-ci estime qu'il s'agit d'un "devoir de vérité et de transparence" que de faire la lumière sur les compte du BSCA. André Antoine promet la fin des cartes de crédit pour une meilleure gouvernance des aéroports wallons, un rapport "complet et urgent" sur les comptes de l'aéroport de Charleroi, et ce avec l'aide de réviseurs.
L'AG du mois de juin du BSCA, qui vise la privatisation partielle de l'aéroport, pourrait même être reportée, le temps que l'affaire soit tirée au clair. Des comptes douteux et des dépenses sulfureuses ne sont pas dans l'intérêt de Charleroi, s'il veut mener à bien ses négociations de revente et en tirer le prix fort. Une privatisation qui pourrait pousser à plus de transparence, mais qui ne fera peut-être pas les choux gras d'Edmée De Groeve...
Annabel Claix


