Un premier prévenu du procès Ghislenghien reconnaît des erreurs

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Par: rédaction
16/06/09 - 14h36

Un conducteur de chantier a reconnu, mardi devant le tribunal correctionnel de Tournai, avoir commis des erreurs qui ont eu pour conséquence d'endommager la conduite de gaz Fluxys qui explosera le 30 juillet 2004 à Ghislenghien, entraînant la mort de 24 personnes et en blessant 132 autres.

Kristof Dewaele a ainsi admis s'être trompé dans ses sondages dans le sol, visant à localiser la conduite de gaz afin qu'elle ne soit pas touchée par une lourde machine qui devait malaxer le sol. Il a également reconnu qu'après avoir entendu que la machine avait touché un obstacle, ce 24 juin 2004, il n'a pas compris que c'était la conduite.

Peu d'expérience
Conducteur de travaux peu expérimenté pour la société Tramo, M. Dewaele a cependant expliqué qu'il devait alors travailler sous forte pression afin de ne pas retarder le déroulement des travaux sur le site de Ghislenghien.

Septième prévenu à être entendu, Kristof Dewaele est le premier à admettre une part de responsabilité dans l'enchaînement des événements qui ont conduit à l'explosion le 30 juillet lorsque la pression du gaz sera considérablement augmentée dans la conduite.

Fluxys
L'instruction a établi que la conduite souterraine de gaz Fluxys avait été gravement endommagée le 24 juin 2004 par une Bomag, une machine pourvue d'un rotor qui malaxe la terre d'un terrain avec de la chaux vive fraîchement répandue afin de stabiliser le sol.

L'existence de la conduite de gaz était connue des entreprises qui travaillaient sur le site de construction. Sa localisation exacte - et surtout la profondeur à laquelle elle se trouvait - n'apparaît pas avoir été correctement évaluée. Le terrain a en effet été à plusieurs reprises modifié pendant les travaux.

"Le sondage mal effectué"
La conduite a été endommagée par le Bomag qui fraisait à 15 centimètres alors que les plans indiquaient qu'elle devait se trouver à 40 centimètres de profondeur. Des sondages manuels ont été effectués par M. Dewaele à 40 centimètres avant le passage du Bomag pour vérifier où elle se trouvait. "Le sondage a été probablement mal effectué", a admis M. Dewaele. Il aurait vraisemblablement sondé à un mauvais endroit. "C'est l'erreur que j'ai commise", a-t-il reconnu.

Lors du passage du Bomag, le conducteur de la machine a prévenu M. Dewaele du fait qu'il avait heurté un obstacle dans le sol et qu'il fallait effectuer des vérifications. M. Dewaele a d'ailleurs entendu le bruit. "C'était difficile de contrôler car la chaux vive brûle les mains", a expliqué M. Dewaele. Les vérifications seront faites un peu plus tard dans la journée.

Il est revenu sur ses déclarations
En cours d'instruction, M. Dewaele a varié sur les vérifications qu'il a effectuées, y impliquant ou non une autre personne. Il avait alors dit qu'il avait bien découvert la conduite et qu'il n'y avait dès lors pas de problème. Il est revenu mardi sur ces déclarations, indiquant qu'il ne l'avait pas vue. "J'étais alors très stressé lors de ces interrogatoires. Je n'ai pas été honnête. J'ai commis un parjure", a-t-il admis mardi.

"La recherche je l'ai faite seul et avec une pelle", a reconnu M. Dewaele. Il a découvert un morceau de béton armé dans lequel était logé une barre de fer. M. Dewaele a expliqué qu'il avait alors cru que c'était cet objet qui avait été heurté par la Bomag.

Qui est responsable?
Il a relaté cet incident à un autre prévenu, Maxence Demeuter, conducteur de travaux pour l'entreprise Jouret, qui travaillait sur le site en association momentanée avec Tramo. "Je voulais me rassurer car si la Bomag avait touché la conduite, vu la force du Bomag on aurait eu une explosion".

Pour M. Dewaele, comme pour son patron Pierre Stadsbader, administrateur délégué de Tramo, c'était Jouret qui devait avoir les contacts avec Fluxys pour signaler les incidents.

"Ce n'était pas ma tâche de prévenir Fluxys", a-t-il dit. M. Stadsbader, également entendu mardi, a abondé dans le même sens: c'était Jouret qui était contractuellement chargé des contacts avec Fluxys. Maxence Demeuter et son patron Henri Capron, tous deux également prévenus, seront interrogés mardi après-midi. (belga/chds)

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