Manifestation contre le manque de places à Fedasil
Les centres fédéraux ont créé 450 places en surcapacité, la Croix-Rouge 80 places, le Centre d'Action Sociale d'urgence (CASU) de Bruxelles 200 places et le Petit Château 112 places. (archives)
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mise à jour
Une soixantaine de personnes ont manifesté mardi, dès 11h00, devant le dispatching de l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile (Fedasil), situé sur la chaussée d'Anvers à Bruxelles, pour protester contre le manque de places. Des manifestants portaient des masques et réclamaient plus d'oxygène pour le réseau d'accueil des demandeurs d'asile.
Une visite du Petit Château à Bruxelles, qui est lui-même confronté à des problèmes de surcapacité, a été organisée par les initiateurs de cette action, soutenue par le Vluchtelingenwerk Vlaanderen, le CIRE, la Croix-Rouge, les Mutualités socialistes, la Fédération des CPAS de Wallonie (UVCW), la section CPAS de l'Association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale (AVCB) et la section CPAS de la Vereniging van de Vlaamse Steden en Gemeenten (VVSG).
Actuellement, les centres fédéraux ont créé 450 places en surcapacité, la Croix-Rouge 80 places, le Centre d'Action Sociale d'Urgence (CASU) de Bruxelles 200 places et le Petit Château 112 places. Quelque 250 demandeurs d'asile sont par ailleurs hébergés à l'hôtel et 80 autres ne devraient pas trouver de logement ce mardi.
Les organisateurs de la manifestation réclament auprès du gouvernement fédéral au moins 2.000 places d'accueil structurelles supplémentaires. Ils ont précisé que cette manifestation ne visait pas en particulier la ministre de l'Intégration sociale, Marie Arena, mais bien l'ensemble du gouvernement.
"Le gouvernement a fait un choix en 2000 de diriger les demandeurs d'asile vers l'aide matérielle. Il a confirmé ce choix politique en 2007 avec la nouvelle loi sur l'accueil des demandeurs d'asile. Il n'y pas d'augmentation significative du nombre de demandeurs d'asile en Belgique mais le gouvernement n'a pas tenu compte des délais supplémentaires induits par la nouvelle loi. Nous ne nous prononçons pas sur le choix politique qui a été fait mais nous demandons au gouvernement, qui a confirmé son choix d'avoir recours à l'aide matérielle, de créer des places supplémentaires", a déclaré Malou Gay, directrice adjointe du CIRE.
Les partenaires de l'accueil des demandeurs d'asile ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre et à l'ensemble du gouvernement fédéral à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, qui se tient le 20 juin:
"Depuis des mois, le réseau d'accueil des demandeurs d'asile ne peut réaliser ses missions. Les structures d'accueil sont plus que saturées et la qualité de l'accueil s'en ressent fortement. Par deux fois, en automne 2008 et au printemps 2009, de nombreux demandeurs d'asile se sont retrouvés à la rue, sans toit, alors qu'il s'agit de la forme la plus élémentaire de l'accueil à laquelle, pourtant, ils ont légalement droit", écrivent-ils.
"Les CPAS sont partenaires de l'accueil des demandeurs d'asile. Mais les initiatives locales d'accueil (ILA, visant à accueillir les demandeurs d'asile au niveau local) ne sont pas des structures d'accueil d'urgence. Nous sommes venus demander aujourd'hui au gouvernement une augmentation du nombre de places d'accueil et une solution globale pour tous les acteurs impliqués", a réagi Christine Dekoninck, secrétaire de la section CPAS de l'AVCB.
Au Petit Château, le personnel confirme que la situation vécue ces derniers mois au sein du centre provoque des tensions entre résidents, qui sont contraints à vivre dans la promiscuité. Le personnel du Petit Château, qui a bénéficié de renforts, ne se plaint par contre pas de surcharge de travail.
Les partenaires de l'accueil des demandeurs d'asile disent ne plus accepter que des demandeurs d'asile soient accueillis par centaines, dans des asiles de nuit, dans des préfabriqués ou dans des hôtels, et réclament auprès du gouvernement une solution durable. (belga/chds)