Deux cadres et dirigeants de l'entreprise Jouret ont contesté mardi après-midi devant le tribunal correctionnel de Tournai qu'ils auraient dû jouer un rôle d'interface entre les entreprises actives sur le site de Ghislenghien et Fluxys, dont dépendait la conduite de gaz qui a explosé le 30 juillet 2004, entraînant la mort de 24 personnes et en blessant 132 autres. Ils s'inscrivent ainsi en faux contre les déclaration de deux autres prévenus, la SA Tramo et un de ses cadres, entendus mardi matin.
Tramo et Jouret avaient formé une association momentanée pour réaliser des travaux d'égouttage et de voirie sur le site de Ghislenghien. C'est une machine Bomag de Tramo qui a endommagé et fragilisé, le 24 juin, la conduite souterraine de Fluxys qui explosera cinq semaines plus tard.
Pour Pierre Stadsbader, administrateur délégué de Tramo, c'était à Jouret de prendre les contacts avec Fluxys en cas de problème éventuel avec la conduite de gaz.
"Chaque partenaire avait le devoir de contacter Fluxys pour chaque tâche qu'il réalisait. En cas de faute, il lui appartenait de prendre lui-même contact" avec Fluxys, a répliqué Henri Capron, chargé de la gestion technique des travaux de Jouret.
Maxence Demeuter, conducteur de travaux pour Jouret, ne se reconnaît pas plus le devoir de prendre contact avec Fluxys pour le compte de Tramo. Il a souligné que son vis-à-vis chez Tramo, Kristof Dewaele, l'avait bien informé que la Bomag avait accroché un obstacle le 24 juin.
"Il me l'a dit dans le cadre d'une discussion banale", a expliqué M. Demeuter au tribunal."Je lui ai dit de vérifier que ce n'était pas la conduite de gaz qui avait été touchée et, qu'au moindre doute", il prévienne Fluxys", a-t-il poursuivi.
Selon M. Demeuteur, Kristof Dewaele lui a assuré, le lendemain, que ce n'était pas la conduite mais un bloc de béton qui avait été touché. "Pour moi, l'incident était donc clos", a-t-il conclu.
Les deux derniers des 14 prévenus, Bruno Van Grootenbrulle et Marc Duvivier, bourgmestre et secrétaire communal d'Ath en 2004, seront interrogés mercredi. Le réquisitoire est attendu lundi, mardi et mercredi. (belga/chds)


