Le coût du vieillissement revu à la hausse
Le coût budgétaire du vieillissement à long terme sera plus élevé qu'estimé l'an dernier, ont indiqué vendredi le secrétaire d'Etat au Budget, Melchior Wathelet, et le président du Comité d'étude sur le vieillissement (CEV), Guy Quaden. Il devrait s'élever à 8,2% du PIB entre 2008 et 2060, soit 2,3% de plus que prévu en 2007.
Cette différence s'explique par trois facteurs, a indiqué le président du CEV. "Il y a d'abord la crise économique survenue à la fin de l'année 2008 et qui intervient pour 1,2% de ces 2,3% d'augmentation", note Guy Quaden. "Nous avons aussi allongé les projections des dépenses sociales à 2060 (au lieu de 2050 pour le rapport précédent) et le coût budgétaire du vieillissement est de 0,2 pc du PIB entre 2050 et 2060."
Deux scénariosEnfin, le CEV a réalisé trois projections de croissance de la productivité du travail. Le scénario de référence présente un taux de croissance annuel de la productivité de 1,5%, qui constitue une moyenne entre deux scénarios alternatifs: l'optimiste (1,75%, celui qui était utilisé en 2007) et un scénario de croissance faible (1,25%).
La révision à la baisse de l'hypothèse de croissance annuelle de la productivité de 0,25%, contribue à 0,9% des 2,3% d'augmentation du coût de vieillissement. Pour permettre d'assumer ce coût du vieillissement, il faudra, selon le président du CEV, que plus de personnes âgées de 55 à 65 ans travaillent.
Travailler plus"Nous pourrons ainsi réduire les frais de pension et de prépension", souligne Guy Quaden. Melchior Wathelet abonde dans le même sens. "Pour assumer le vieillissement, il faudra augmenter le taux d'activité, mais aussi assurer l'équilibre budgétaire."
Si à l'heure actuelle cette logique de mise à l'emploi des travailleurs plus âgés semble difficile à appliquer à cause de la crise économique, on verra bientôt apparaître des secteurs en pénurie de personnel, a indiqué le président du CEV et gouverneur de la Banque nationale. (belga/ca)