Despiegeleer entendu dans le procès de La Carolorégienne
Le procès de "La Carolorégienne" s'est poursuivi, mercredi, avec la fin de l'instruction d'audience du principal prévenu, Claude Despiegeleer, ancien échevin tout comme le second prévenu, Serge Van Bergen, impliqué dans le même dossier.
Parmi les seize chefs d'inculpation reprochés à Claude Despiegeleer figure le fait d'avoir "mutualisé" les charges des locataires. Cela permettait, en fin d'exercice, de reporter les charges impayées par les locataires, en les répartissant sur tous les occupants des immeubles.
"Cela été fait avec l'accord de la tutelle, la Société wallonne du Logement", a justifié Despiegeleer, ajoutant que le conseil d'administration de la SWL ne s'y était jamais opposé.
La présidente du tribunal, Mme Séverine Lecollier lui a posé la question de savoir s'il n'avait pas augmenté ces charges locatives pour compenser la hausse de ses propres frais de représentation, mais Claude Despiegeleer l'a nié.
Il ne s'est pas souvenu d'un courrier évoqué par Mme Lecollier, et émanant de la SWL: la société wallonne du Logement lui aurait conseillé de réduire ses frais de représentation.
L'avocat de "La Carolorégienne", partie civile dans ce dossier, a relevé qu'à aucun moment, il n'avait existé de procès-verbal actant la "mutualisation" des charges. Il a relevé que Claude Despiegeleer, tout en étant administrateur de "La Carolorégienne", était aussi administrateur de la SWL, chargée de la tutelle de la société d'habitations sociales.
Il a également été interrogé à propos de frais octroyés au commissaire du gouvernement wallon Jean-Claude Henrotin, qui figure parmi les co-inculpés: "J'ignorais qu'il était interdit de lui octroyer des frais", a expliqué Claude Despiegeleer, qui a répété, comme pour d'autres décisions du genre, que celle-ci avait été prise par le conseil d'administration de "La Carolorégienne", et non par lui seul.
L'ex-échevin s'est également vu rappeler la présence dans le budget de "La Carolorégienne", de l'achat de bouteilles de vin pour plus de 5.000 euros. Il a justifié cet achat par les fêtes patronales de la société en ajoutant aussi que la gestion n'était pas son fait, mais celui de responsables de la comptabilité.
Claude Despiegeleer s'est expliqué sur le versement d'importantes subventions à une asbl "L'Ecrin", qui devait bénéficier de subventions européennes. Ces subventions étant lentes à venir, il avait été décidé que "La Carolorégienne" en avançait le montant, avant de le récupérer de la part de fonds européens, ce qui justifiait à ses yeux ces transferts internes.
Quant aux rémunérations dont il bénéficiait en tant que responsable de cette asbl, Claude Despiegeleer a expliqué qu'il ne s'en souvenait pas. "Mais s'ils existaient, ce devait être ridicule", a-t-il estimé, avant d'ajouter que "La Carolo et l'Ecrin, c'était finalement un peu la même chose."
"C'est bien cela le problème, cette espèce de melting pot", a acquiescé la présidente Mme Lecollier. Le tribunal a alors procédé à l'interrogatoire de Serge Van Bergen qui était alors échevin du Logement de Charleroi, et vice-président de "La Carolorégienne".
L'essentiel de ses explications a consisté, mercredi, à nier ce qui lui est reproché. Ainsi de prestations fournies par du personnel de "La Carolorégienne" à son domicile pendant les heures de travail. "Cela eu lieu une fois, pendant un week-end, et j'ai payé le personnel", a expliqué l'ancien échevin.
Il a nié avoir falsifié des notes de restaurants: "J'avais droit à un forfait plafonné à 10 ou 12.000 anciens francs belges par mois mais je les justifiais toutes", a-t-il expliqué. Quant au remboursement de frais de déplacements, Serge Van Bergen l'a également nié. Selon lui, il utilisait sa voiture de fonction d'échevin jusqu'à 17 heures.
Serge Van Bergen a encore nié toute responsabilité dans l'octroi à des sportifs de haut niveau de logements sociaux, disant que cela avait été, à son insu, le fait de fonctionnaires communaux "peut-être sous les instructions de Claude Despiegeleer", a-t-il précisé.
De même, il a rejeté la prévention d'utilisation abusive de timbres fiscaux et de timbres postaux: les timbres fiscaux étaient achetés pour les centaines de baux locatif. Quant aux timbres postaux, "Je ne n'en avais pas besoin pour les élections, mon souper annuel me rapportait assez", a-t-il indiqué.
La prochaine audience été fixée au 8 septembre prochain, pour la poursuite de l'instruction d'audience.