Cinq agents des chemins de fer luxembourgeois (CFL) ont été inculpés pour leurs responsabilités présumées dans la collision entre deux trains ayant fait six morts en octobre 2006 à la frontière franco-luxembourgeoise, a-t-on appris mardi auprès du Parquet du Grand Duché.
"Le juge d'instruction a inculpé cinq agents des CFL d'homicide involontaire et de coups et blessures involontaires", a indiqué dans un communiqué le procureur Robert Biever. Le Parquet de Luxembourg n'a pas donné l'identité des inculpés. En février, il avait cependant précisé que trois des personnes impliquées occupaient les fonctions de chef de circulation, d'annonceur de train et d'aiguilleur.
Le 11 octobre 2006, ces trois agents auraient autorisé le passage d'un train de voyageurs en provenance de Bettembourg (Luxembourg) alors qu'un convoi de fret français venant de Thionville (Moselle, est) roulait déjà sur un tronçon à voie unique de la ligne reliant les deux gares, provoquant l'accident. Selon le procureur, "le juge d'instruction devrait être en mesure de boucler son enquête avant la fin de l'année".
Quatre jours après le drame, le ministre luxembourgeois des Transports, Lucien Lux, avait reconnu qu'une erreur humaine des CFL était à l'origine de la collision frontale entre les deux trains à Zoufftgen, côté français, tout près de la frontière avec le Luxembourg.
Lorsqu'ils s'étaient rendus compte de leur erreur, les cheminots luxembourgeois avaient déclenché une série de mesures - alerte sonore, coupure du courant - mais il était déjà trop tard, avait par ailleurs reconnu le directeur général des CFL, Alex Kremer. Après l'accident, deux informations judiciaires pour "homicides et blessures involontaires" avaient été ouvertes l'une en France, l'autre au Luxembourg. Des enquêtes techniques ont également été effectuées par la SNCF, le Bureau enquêtes analyses (BEA) du ministère français des Transports et les CFL. (afp)


