Les négociateurs de l'Olivier ont ouvert mercredi la Table ronde consacrée à l'Alliance emploi/environnement qui dont mener à l'élaboration d'un vaste plan pluriannuel d'économies d'énergie dans le bâtiment. Une vingtaine d'orateurs se sont succédé pour mettre en avant le gisement d'opportunités économiques et environnementales que recèle cette politique.
Objectifs chiffrés
Dès la rentrée 2009, chaque Région élaborera un plan fixant des objectifs chiffrés en matière d'économie d'énergie, en commençant par l'isolation, dans les bâtiments publics et privés, résidentiels ou non. Les gouvernements wallon et bruxellois organiseront en outre des concertations avec les secteurs concernés en vue de conclure un contrat multisectoriel entre les autorités publiques et les secteurs.
Ce plan prendra place à côté du 6e pôle de compétitivité consacré au développement durable. Les acteurs du secteur de la construction se sont félicités de la décision de créer ce pôle, malgré les critiques qui se sont fait entendre sur la masse critique trop faible de ce domaine d'activité en Wallonie, l'un des critères qui préside pourtant à la constitution d'un pôle de compétitivité.
"Le secteur a la taille critique, contrairement à ce que l'on a dit", a affirmé Francis Carnoy, directeur général de la Confédération de la Construction wallonne, très demanderesse d'un tel pôle. L'ambiguité demeure pourtant sur la fonction du pôle. Selon M. Carnoy, il permettra d'accompagner les investissements réalisés dans le cadre du plan d'économie d'énergies d'environnement dans les bâtiments. Le co-président d'Ecolo, Jean-Michel Javaux, s'est empressé d'indiquer qu'il s'agirait d'un pôle relatif aux nouvelles technologies environnementales dans l'ensemble des secteurs économiques et non spécifiquement celui de la construction.
Message
Les différents orateurs représentaient des domaines divers: banque, formation professionnelle, associations environnementalistes, syndicats et patrons. Chacun a porté son message. Il s'agira notamment d'accroître la formation pour disposer de suffisamment de travailleurs qualifiés pour mettre en oeuvre un tel plan. Certains mécanismes devront être mieux définis juridiquement, comme celui du tiers investisseur. Les incitants publics devront aussi être adaptés pour permettre à aux ménages à faibles revenus de procéder à des travaux économiseurs d'énergie.
Si la future nouvelle majorité entend faire de ce plan l'une de ses priorités, les syndicats ont toutefois mis en garde contre un emballement en faveur des secteurs verts. Il ne faut pas les négliger mais les prévisions du Bureau du plan font état de 400.000 chômeurs en plus dans deux ans, a rappelé le secrétaire général de la FGTB wallonne, Thierry Bodson. Une extrapolation à partir de l'expérience allemande laisse penser que le plan emploi/environnement pourrait créer 10.000 nouveaux emplois. "Nous ne les négligeons pas mais cela ne réglera qu'une petite partie du chômage que l'on connaîtra dans les années à venir", a-t-il averti.
Plan Marshall
Mercredi soir, les négociateurs se sont accordés sur le chapitre qui sera consacré au plan Marshall dans l'accord de gouvernement. Ils doivent encore y intégrer l'Alliance emploi/environnement. Outre le 6e pôle, qui sera financé de la même manière que les 5 pôles existants, un volet important veille à assurer le lien entre l'économie et l'enseignement, l'un des points faibles relevés lors de l'évaluation de la mouture du plan précédent.
Les négociateurs se retrouveront à 16h15 au parlement de la Communauté française. (belga)


