Le MR veut calmer le jeu

Au MR, on se voulait discret, mercredi, après la sortie concertée de deux parlementaires-bourgmestres dans deux journaux différents pour faire part de leur mauvaise humeur.

Jacqueline Galant dans La Libre et Jean-Paul Wahl dans Le Soir ont appelé Didier Reynders à se remettre en question et à réfléchir à l'opportunité de cumuler présidence de parti et portefeuille ministériel. On insiste au MR sur le fait qu'à la rentrée, le parti lancera un processus de réflexion qui devrait aboutir au printemps prochain.

Arrêtons les déclarations où on met en cause le président ou d'autres personnalités du parti, dit-on chez les Réformateurs. Un débat interne a eu lieu à l'intergroupe parlementaire. Tout ceux qui ont voulu s'exprimer ont pu le faire dès le lendemain des élections et encore la semaine suivante. Quant à l'intervention de M. Wahl lundi dernier, "elle a fait pschitt", disait-on.

Les résultats électoraux très mitigés du MR et le fait que les Réformateurs restent dans l'opposition au niveau régional et communautaire agitent certains esprits à l'intérieur mais aussi à l'extérieur du parti. Il y a peu d'informations tant au niveau fédéral que sur les négociations des entités fédérées. Les mécontents trouvent dès lors facilement une tribune, remarquent des observateurs.

La sortie de Jacques Galant et de Jean-Paul Wahl était manifestement concertée, dit-on à l'Etat-Major des Réformateurs.

Pollution
Si, pour le second, c'est la première fois qu'il s'exprime ouvertement, il avait déjà contacté des journalistes précédemment pour agiter le landerneau et faire part "off" du mécontentement alors exprimé par d'autres. Quant à Mme Gallant, ce n'est pas la première fois qu'elle exprime son mécontentement. Elle l'a même déjà fait avant les élections. Elle n'était alors pas satisfaite de la place qui lui était réservée sur la liste de la circonscription de Mons où elle voulait la première place promise à Richard Miller. Son attitude, disent certains, "a pollué notre campagne à Mons".

Démission
Mme Galant plaide ouvertement pour l'organisation d'élections internes à la rentrée. "En fait, elle demande la démission de son président", dit-on au parti.

Au MR on s'étonne de l'attitude des mécontents qui en s'exprimant ne peuvent que déforcer le parti lui-même et mettre en danger la stabilité du gouvernement fédéral. Certains au parti disent aussi que Mme Galant et M. Wahl sont "instrumentalisés", ce dont les intéressés se défendent.

Quant au ministre fédéral Charles Michel, il est resté prudent jusqu'à présent, disant que c'est à Didier Reynders de décider des conséquences à tirer de la défaite du 7 juin et du fait de savoir s'il peut continuer à cumuler les fonctions de président et de vice-premier ministre et ministre des Finances.

Radicalité et maladresse
L'autre ministre fédérale, Sabine Laruelle, a parlé de "défaite collective". Dans "Le Soir", elle affirme haut et fort que Didier Reynders conduira le parti aux élections de 2011. Déclaration un peu trop radicale au goût de beaucoup et qualifiée de maladroite par certains.

Si le FDF n'a pas fait entendre de voix discordante, il n'en va pas de même au MCC, surtout dans le chef de son président Gérard Deprez, qui a été jusqu'à menacer de claquer la porte du MR. Il a toutefois fois fait cette déclaration à titre personnel. Il semble en effet qu'aucun des cinq parlementaires étiquetés MCC ne soit prêt à la suivre. Seul, il y a peu de chance en effet que le MCC décroche le moindre strapontin à n'importe quel niveau de pouvoir. Quant à un retour aux sources, c'est-à-dire au cdH -la plus part son issus du PSC- cela semble impensable.

Pas de challenger
De toute façon, plusieurs observateurs et mandataires font remarquer qu'actuellement, il n'y a pas de véritable "challenger" dont le poids est suffisant et qui a assez d'appuis pour affronter Didier Reynders dans une contestation ouverte de sa présidence.

Grande réflexion
Enfin, au MR, on souligne que Didier Reynders a décidé de lancer à la rentrée une grande réflexion qui devrait aboutir au printemps prochain dans un congrès programmatique. Louis Michel et Richard Miller devraient jouer un rôle crucial dans le pilotage de cette réflexion. "Ce ne sera pas un congrès à l'américaine comme on nous le reproche trop souvent mais un vrai congrès programmatique et la réflexion pour y aboutir prendra du temps", dit-on encore au MR. (belga)
01/07/09 17h26
      mailIcon Envoyez cet article      printIcon Version imprime

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 80.000 visiteurs

 

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation


acap enabled
Mediargus
Metriweb