L'Olivier réticent devant le volet sécurité sociale flamand
Les présidents des trois partis de l'Olivier se sont d'ores et déjà montrés critiques sur le volet de l'accord flamand relatif à la sécurité sociale. Ils mettent en garde contre le détricotage de l'un des fondements de l'Etat fédéral.
Allocation complémentaireLes négociateurs flamands du CD&V, du sp.a et de la N-VA ont prévu de mettre sur pied une allocation familiale complémentaire flamande, une assurance hospitalisation complémentaire flamande et des primes scolaires flamandes après 2011, une fois que la Flandre aura retrouvé des marges budgétaires. Ils appliquent de la sorte la doctrine dite Maddens, du nom d'un professeur de la KUL, qui préconise l'utilisation maximale des compétences flamandes pour accroître l'autonomie de la Flandre.
Le cdH s'était montré le plus virulent pendant la campagne électorale contre toute atteinte au caractère fédéral des allocations familiales. La ministre de l'Enfance sortante de la Communauté française, Catherine Fonck, a rappelé la position de son parti en arrivant aux négociations de l'Olivier.
Enfant du nord, enfant du sud"Un enfant est un enfant. C'est ce que nous avons toujours dit au cdH. Ce n'est pas acceptable que demain, l'on fasse une différence entre un enfant du nord du pays et un enfant du sud du pays", a-t-elle déclaré. Et d'ajouter: "je plaide pour que cela reste fédéral. Les allocations familiales sont une compétence gérée au niveau fédéral pour toute la Belgique".
La présidente Joëlle Milquet a abondé dans le même sens: "les allocations familiales, c'est une compétence fédérale. Nous, on souhaite que l'on augmente les allocations familiales pour tous les enfants".
La solidarité, un des piliers belges"Tout ce qui crée des tensions au sein de la sécurité sociale est mauvais pour le pays. Le pays tient parce qu'il y a notamment une solidarité interpersonnelle", a dit pour sa part le président du PS, Elio Di Rupo. Il a mis en garde contre une politique qui viserait à assécher la sécurité sociale fédérale, en rappelant à la Flandre que rien n'est jamais acquis. "La Flandre a aujourd'hui des moyens financiers qu'elle peut distribuer mais il y a des situations qui pourraient s'avérer réversibles. Personne n'est à l'abri des crises économiques", a-t-il fait remarquer.
Comme ses collègues, M. Di Rupo n'est pas étonné par ce projet flamand. Les francophones devront se montrer fermes et vigilants dans le débat communautaire qui s'ouvrira à la rentrée. "Avec la N-VA dans un gouvernement, je m'attends à des lendemains difficiles", a-t-il souligné.
DisparitésLa mise sur pied de compléments flamands à la sécurité sociale créera des disparités, a remarqué le co-président d'Ecolo Jean-Michel Javaux. "Il faut garder le socle commun de notre sécurité sociale le plus large possible. Pas nécessairement pour des raisons communautaires mais aussi pour des raisons économiques: plus la base est large, plus la solidarité s'exerce efficacement", a-t-il expliqué. (belga/acx)