Le MR annonce une opposition durable
Les défis de la nouvelle majorité bruxelloise ne sont pas nouveaux. La seule différence avec l'équipe sortante, c'est que les moyens financiers ont disparu, pas seulement à cause de la crise, mais parce que le gouvernement Picqué III a mis en place des dépenses durables payées par des recettes éphémères, juge l'opposition MR au parlement bruxellois.
L'opposition des réformateurs sera juste mais combative, a averti vendredi matin le chef du groupe MR Didier Gosuin, donnant le coup d'envoi du débat sur la déclaration du gouvernement Picqué IV.
"Défis majeurs""Nous pouvons souscrire aux défis majeurs que sont l'essor démographique, le défi social de l'emploi et de la formation, ceux de l'environnement, de la lutte contre la pauvreté et de la vocation internationale de Bruxelles. Mais ils ne constituent en rien des défis nouveaux. Ils n'ont pas été rencontrés par l'équipe sortante. La seule différence entre l'Olivier I et l'Olivier II, c'est qu'il y a 5 ans, on entamait la législature avec d'importants moyens financiers", a affirmé le député-bourgmestre d'Auderghem.
Répétant qu'à ses yeux, la déclaration gouvernementale bruxelloise s'apparentait à un catalogue sans les prix et sans priorité, il a exigé la réalisation d'un audit budgétaire de la Région, à l'instar de ce qu'a réclamé Ecolo en Wallonie et à la Communauté française.
Roex critiqueDidier Gosuin a enfin engagé la majorité à se demander ce qu'elle pouvait mener comme politique avec les moyens dont dispose Bruxelles plutôt que de spéculer sur un hypothétique refinancement de la Région bruxelloise et de poursuivre sur la voie de l'inflation des plans (de croissance durable, de développement durable, de l'enfance et de la jeunesse, de diversité, de citymarketing, d'accélération de la rénovation énergétique des bâtiments, ...).
Fraîchement débarquée dans l'opposition, Elke Roex (sp.a) a elle aussi critiqué vertement la déclaration de l'équipe qui se met en place: pas d'engagement, on travaillera avec des plans plutôt qu'avec des décisions, des promesses vagues et intenables (baisse des droits de succession, assurance revenu pour les locataires qui perdent leur job), des projets coûteux suspendus au bon vouloir financier du fédéral (e.a. le métro nord-sud) et des abus de langage à propos du développement durable mis à toutes les sauces.
Les premiers écueilsLes chefs de groupe de la majorité se sont montrés plutôt enthousiastes. Mais au-delà de l'aspect convenu de leurs interventions, on a aussi pu déceler les premiers écueils qui les attendent à l'heure des décisions à prendre.
Le caractère obligatoire du contrat de projet professionnel pour les moins de 25 ans refroidit quelque peu Rudy Vervoort (PS) et Yaron Pesztat (Ecolo), mais ravit le cdH André du Bus, l'Open VLD Els Ampe et la CD&V Brigitte Depauw.
DébatsL'option du métro à l'étude pour l'axe nord-sud devrait déboucher sur du concret, pour l'Open Vld, alors que les Verts d'Ecolo et de Groen! ne la jugent pas prioritaire.
Les baux à durée déterminée dans le logement social inspirent la méfiance des socialistes et ravissent le cdH, et également, d'ailleurs, Vincent Dewolf (MR) depuis les bancs de l'opposition. Le débat sur plusieurs grandes infrastructures telles que le stade et un grand centre commercial s'annonce lui animé, est-il ressorti des différentes interventions du jour. (belga/chds)