La justice voulait donner une chance à Sekkaki
Pour la première fois en dix ans, la justice semblait vouloir donner sa chance à Ashraf Sekkaki, un des trois détenus qui se sont évadés en hélicoptère de la prison de Bruges jeudi soir. C'est ce qui ressort d'un récent rapport du service psychosocial de la prison de Bruges relayé par
De Morgen samedi.
"Nous souhaitons une approche pas à pas dans laquelle il se maintient plus longtemps dans un régime normal", peut-on lire dans ce rapport sur Sekkaki. Le rapport qualifie de "prématurée" une libération conditionnelle.
Les auteurs du rapport évoquent le vécu de Sekkaki qui a développé, lorsqu'il était enfant, une double identité: fils modèle à la maison mais désoeuvré traînant dans les rues hors du cadre familial. A treize ans, il est placé une première fois sous surveillance par le tribunal de la jeunesse de Malines pour "racket, vol avec effraction ou escalade et détention d'armes prohibées".
Fin 1998, il est détenu pour la première fois dans une institution fermée. En 1999, alors qu'il a seize ans, il entre pour la première fois en prison. En 2002, il est interné.
"Maintenir l'intéressé en détention pour une période indéterminée, sans envisager son avenir, revient à prévoir de sérieux problèmes en prison ou à l'extérieur, s'il devait parvenir à s'évader. Lui faire partager la responsabilité, avec un très fort contrôle, offre davantage d'issues à long terme", avait écrit un expert-psychiatre en 1996. Le récent rapport concernant Sekkaki souligne cette analyse. (belga/cb)