Le niveau de l'enseignement en Communauté française continue de se tasser, contrairement à ce que tendrait à faire croire la ministre-présidente de la Communauté française, Marie Arena.
Engager des profs pour inverser la tendance ne suffit pas, ont affirmé jeudi Françoise Bertieaux et Alain Destexhe (MR). Pour la présidente du groupe MR au parlement de la Communauté française, et le sénateur de Communauté Alain Destexhe, Marie Arena minimise le constat de l'enquête réalisée pour le compte de l'Organisation de la Coopération et du Développement Economiques dans le cadre de son Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA).
Elle élude aussi celui d'une autre étude qui fait apparaître une dégradation par rapport aux résultats de 2000 et de 2003, dès la quatrième primaire. "Si l'on en croit l'étude PISA, le problème spécifique de l'enseignement francophone ne concerne pas que le nombre élevé d'élèves les plus faibles (25pc) mais les performances limitées de l'ensemble des élèves", a souligné Alain Destexhe.
Selon lui, l'étude tend ainsi à démontrer que le nombre de bons et de très bons élèves francophones en compréhension à la lecture et en mathématiques est également nettement inférieur par rapport à la Flandre et aux pays du haut du classement. Qui plus est, l'OCDE constate qu'un certain nombre de facteurs favorisent des performances élevées: la publication des résultats des épreuves standardisées et leur existence, une forme de concurrence entre écoles pour stimuler les améliorations, l'implication des parents dans l'école, le degré d'autonomie des écoles...
"Madame Arena ferait bien de s'en inspirer car ces éléments vont presque tous à l'encontre de la politique actuelle en Communauté française", a ajouté Françoise Bertieaux. Pour le chef du groupe MR, dans l'opposition en Communauté française, "il serait temps de plancher sur une série de pistes concrètes pour remédier à cette situation préoccupante. Il faut ainsi arrêter de considérer que l'enseignement n'est qu'un 'ascenseur social' qui monte automatiquement lorsqu'on y entre, d'autant qu'en Communauté française il a tendance à tomber en panne. Il vaut mieux inciter les élèves à prendre l'escalier pour leur faire prendre le goût de l'effort", a-t-elle commenté.
Le MR demande un réflexion approfondie avec les professionnels de terrain pour élaborer des propositions concrètes de renforcement des apprentissages de base mis à mal par les résultats des deux études. Il veut aussi que chaque élève soit pris en médiation dès qu'une lacune apparaît durant les premières années de primaire, pour empêcher son aggravation.
Le Mouvement Réformateur est encore partisan de l'instauration d'un Test d'Aptitude Communautaire (TAC) et de l'indication de la moyenne de la classe dans le bulletin pour permettre aux élèves d'évaluer leur niveau de connaissance par rapport aux autres. La lutte contre la violence à l'école pour y ramener la sérénité, et une révision des condition d'accès à la profession ainsi que du régime des titres et fonctions permettrait par ailleurs de remotiver les professeurs, a enfin dit Françoise Bertieaux. (belga)


