"Notre patience est à bout. Les Pays-Bas doivent exécuter le traité"

"Notre patience est à bout. Nous voulons ainsi signifier que les Pays-Bas doivent exécuter le traité, comme nous l'avons fait", a déclaré le ministre-président flamand.
Pour sa part, l'ambassadrice Hannie Pollman-Zaal a souligné que son pays doit respecter l'arrêt de son Conseil d'Etat.
Pour sa part, l'ambassadrice Hannie Pollman-Zaal a souligné que son pays doit respecter l'arrêt de son Conseil d'Etat.
La patience de la Flandre est à bout, à propos de la lenteur mise par les Pays-Bas à réaliser les travaux d'approfondissement de la partie de l'Escaut située sur son territoire, a averti jeudi le ministre-président flamand Kris Peeters à l'issue d'un entretien qu'il a eu avec l'ambassadeur néerlandais en Belgique. La Flandre entamera la procédure prévue en cas de différends dans un accord conclu avec ses voisins du nord.

Vital pour Anvers
Cet approfondissement de l'Escaut occidental est attendu depuis longtemps par la Flandre, car il représente un intérêt vital pour le port d'Anvers. Il permettrait en effet au port de la Métropole d'accueillir de plus grands navires et les autorités flamandes chiffrent à 70 millions d'euros les pertes annuelles de revenus engendrées par l'inertie néerlandaise.

L'autorisation des travaux suspendue aux Pays-Bas

Un traité conclu entre la Flandre et les Pays-Bas prévoit cependant que les travaux d'approfondissement doivent être terminés cette année encore, un délai qui ne semble pas pouvoir être rencontré. Le Conseil d'Etat néerlandais a récemment suspendu l'autorisation d'effectuer les travaux de dragage, à la suite d'un recours d'associations de défense de l'environnement et la décision définitive n'interviendra qu'en novembre.

Ce retard préjudicie Anvers au profit de Rotterdam
Au-delà du manque à gagner pour le port anversois, les autorités flamandes font valoir que la lenteur mise à réaliser les travaux risque de détourner davantage de navires vers le port de Rotterdam et d'ainsi générer un trafic supplémentaire de poids lourds néerlandais sur les routes flamandes.

"Notre patience est à bout"
C'est pourquoi M. Peeters a tenu à convoquer l'ambassadrice Hannie Pollman-Zaal, une procédure plutôt exceptionnelle. "Notre patience est à bout. Nous voulons ainsi signifier que les Pays-Bas doivent exécuter le traité, comme nous l'avons fait", a déclaré le ministre-président flamand à l'issue de la rencontre.

Vers une cour d'arbitrage spéciale?
Pour sa part, l'ambassadrice a souligné que son pays doit respecter l'arrêt de son Conseil d'Etat. La Flandre a, elle, décidé d'engager la procédure prévue en cas de différend; elle prévoit l'ouverture d'un dialogue dans un premier stade. S'il n'a pas débouché sur une solution dans les six mois, une cour d'arbitrage spéciale devra se pencher sur le dossier.

Suite de l'affaire "Ijzeren Rijn"
C'est ce qui s'est déjà produit dans la dispute entre Flandre et Pays-Bas concernant l'éventuelle réouverture de la liaison ferroviaire de l'"Ijzeren Rijn" (Rhin d'acier), ligne de chemin de fer reliant le port d'Anvers à la Ruhr en Allemagne, en passant par le territoire néerlandais. (belga/th)
13/08/09 15h08
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