Les syndicats temporisent

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Par: rédaction
19/08/09 - 22h07

L'idée du député N-VA Ben Weyts de faire des fêtes de Communauté un jour férié rémunéré suscite des interrogations dans les rangs des organisations syndicales qui se demandent notamment si cela ne pas va pas entraîner des problèmes organisationnels au sein des entreprises. Du côté patronal, on ne veut pas entendre parler d'un 11ème jour férié synonyme de coûts salariaux supplémentaires.

Selon l'idée émise par le député N-VA, qui compte déposer une nouvelle proposition de loi en ce sens, les Flamands ajouteraient un férié rémunéré le 11 juillet, les francophones le 27 septembre et les germanophones le 15 novembre, ce qui ferait passer à 11 au lieu de 10 par an le nombre total de jours fériés rémunérés.

Pour et contre
"Si c'est pour instaurer un jour férié rémunéré supplémentaire, nous sommes pour car c'est une bonne manière, dans une période de crise qui frappe durement au niveau de l'emploi, de diminuer le temps de travail", a déclaré Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, interrogée par l'agence Belga.

"Mais nous sommes contre le fait que ce jour férié soit décliné différemment selon les Régions ou les Communautés car cela va poser des difficultés aux entreprises en terme d'organisation", a aussitôt nuancé la responsable du syndicat socialiste.

Tout en se disant opposée à la mise en place de "différences supplémentaires entre les travailleurs du pays", Anne Demelenne estime que la proposition d'instaurer un jour férié différent dans les Communautés est une tentative de la N-VA de faire un pas supplémentaire vers le séparatisme.

Craintes
Son de cloche semblable du côté du syndicat chrétien, où, sans être opposé à un 11ème jour férié rémunéré, on se demande si l'instauration d'un jour férié communautaire ne risque pas d'engendrer des problèmes dans les entreprises, surtout à Bruxelles.

"Comment octroyer un 11ème jour férié régional ou communautaire à Bruxelles? Les entreprises n'auront-elles pas des problèmes organisationnels? ", s'interroge Marc Leemans, secrétaire national CSC.

Marc Leemans rappelle également que le Conseil national du travail (CNT) a émis "à l'unanimité" un avis sur le sujet, en décembre 2004. Cet avis recommande aux secteurs et aux entreprises d'envisager la possibilité de rendre férié un jour de fête communautaire ou régionale dans le cas où un jour férié tomberait un dimanche ou un jour habituel d'inactivité. "Mais c'est à l'entreprise ou au secteur qu'il revient de se prononcer", insiste Marc Leemans, soulignant l'importance de la concertation sociale en la matière.

FEB et Unizo contestent
Du côté patronal, la FEB se range elle aussi derrière l'avis rendu par le CNT. La Fédération des entreprises de Belgique, à l'instar d'Unizo et de Voka du côté flamand, ajoute qu'elle est opposée à l'instauration pure et simple d'un 11ème jour férié rémunéré. "Car ce serait un jour sans production mais avec des coûts salariaux", justifie Ivo Van Damme, directeur du département social de la FEB.

Enfin, le Syndicat neutre pour indépendants prône de son côté le status quo, redoutant les problèmes pratiques et financiers qui pourraient naître de la proposition de la N-VA. (belga/acx)

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